Quatrième long métrage des frères Josh et Benny Safdie, les nouvelles coqueluches du cinéma indépendant américain, Good Time aura constitué la claque du dernier Festival de Cannes, redessinant la géographie new-yorkaise au rythme de la cavale frénétique d'une petite frappe du Queens, Connie Nikas (Robert Pattinson). Tout commence par un ...

Quatrième long métrage des frères Josh et Benny Safdie, les nouvelles coqueluches du cinéma indépendant américain, Good Time aura constitué la claque du dernier Festival de Cannes, redessinant la géographie new-yorkaise au rythme de la cavale frénétique d'une petite frappe du Queens, Connie Nikas (Robert Pattinson). Tout commence par un braquage, foireux. Si Connie s'en sort sans plus de casse, son frère Nick (Benny Safdie), déficient mental léger, a moins de chance, échouant dans un lit d'hôpital après s'être fait alpaguer, quelque peu cabossé. Et son aîné de tout mettre en oeuvre pour le tirer de ce mauvais pas, à savoir réunir sa caution ou, hypothèse plus réaliste, le faire évader. Le début d'un (very bad) trip chargé en adrénaline, rencontres et surprises, pour une traversée de la nuit new-yorkaise en mode halluciné. " On voulait réaliser un film à sensations", expliquent les réalisateurs dans le passionnant et passionné making of accompagnant une édition Blu-ray exemplaire. Et celles-ci ne manquent pas tout au long de cette équipée magnétique exécutée au son de Oneohtrix Point Never, et suintant aussi bien l'urgence que le désespoir. À l'origine du projet, Robert Pattinson s'y montre tout simplement phénoménal, Benny Safdie n'ayant guère à lui envier dans un rôle pourtant délicat, et leur histoire, menée à tombeau ouvert pour se ponctuer sur le bien nommé The Pure and The Damned, est de celles qui laissent un goût de cendres. Soit une fulgurante réussite, quelque chose comme le pendant new-yorkais de ce qu'était Drive à Los Angeles. En un mot comme en cent, incontournable.