Née en Égypte, Ghada Amer fait partie de ces artistes trop rares sur le sol européen. En cause, une propension à prendre son époque à rebrousse-poil. En ce sens, son début de carrière a été très emblématique d'une artiste refusant les attendus. Sortie de la Villa Arson à Nice, elle s'est dir...

Née en Égypte, Ghada Amer fait partie de ces artistes trop rares sur le sol européen. En cause, une propension à prendre son époque à rebrousse-poil. En ce sens, son début de carrière a été très emblématique d'une artiste refusant les attendus. Sortie de la Villa Arson à Nice, elle s'est dirigée vers la couture dans la mesure où cette discipline lui permettait la figuration à une époque où, comme elle l'affirmait récemment dans Beaux Arts Magazine, " monter une toile sur châssis était un acte scandaleux". Afin d'échapper aux diktats du Vieux Continent, Amer s'est installée aux États-Unis. Au pays de l'Oncle Sam, elle n'a eu de cesse d'élargir ses horizons, comme en témoignent ses derniers prototypes conçus dans une usine de robinetterie du Wisconsin. Pour embrasser toute l'étendue de son talent, on se rend sur le site de l'intéressée qui, sous l'onglet "Gallery", aborde son univers avec beaucoup de rigueur. Il y a la céramique, la peinture, le dessin et les différents types d'impression... Mais il ne faut pas non plus passer à côté des jardins qu'elle aménage volontiers. Passionnantes également sont ses sculptures qui explorent de multiples matières premières. Difficile de ne pas dire un mot sur le rapport au marché de cette plasticienne qui se félicite d'être la plus grande collectionneuse de ses oeuvres -à titre d'exemple, elle possède 80 % des pièces de l'exposition qui lui est dédiée à Tours jusqu'au 18 novembre.