Face à une époque à la masse, pas étonnant qu'une espèce de théâtre-action se repointe! En vogue, des "conférences gesticulées" circulent dans des espaces socio-culturels ou autres universités populaires (en vogue aussi). Ici, de vrais ex-banquiers, prisonniers, avocats, profs, réfugiés, ingénieurs, informaticiens... montent sur scène pour raconter leurs histoires vraies, prétexte à démonter les rouages du système, souvent avec humour et théâtralité ludique. "C'est un mélange théâtral...

Face à une époque à la masse, pas étonnant qu'une espèce de théâtre-action se repointe! En vogue, des "conférences gesticulées" circulent dans des espaces socio-culturels ou autres universités populaires (en vogue aussi). Ici, de vrais ex-banquiers, prisonniers, avocats, profs, réfugiés, ingénieurs, informaticiens... montent sur scène pour raconter leurs histoires vraies, prétexte à démonter les rouages du système, souvent avec humour et théâtralité ludique. "C'est un mélange théâtralisé de savoirs froids (recherches) et de savoirs chauds (vécu)", écrit le Théâtre National qui, cette saison, a ouvert les portes au genre, autre signe du retour de l'éducation populaire entre le public, la société civile et les institutions culturelles. Seconde particularité: le citoyen "comédien" de circonstance. Ces "personnages" vrais -dont le métier n'est pas le jeu de l'acteur- détiennent aussi leur propre force de scène. Ce week-end, ce genre "nouveau" est à l'affiche. Trois coups au Théâtre National avec Y en a qui ont essayé... (de défendre le service public) de Pierre Lempereur et Olivier De Prin, Burn-out de Camille Latin ou encore Chronique d'une ex-banquière d'Aline Fares. Samedi, l'inventeur du concept (2006), Franck Lepage, sera à l'Université de Namur avec INCULTURE(S) 1 -"L'éducation populaire, monsieur, ils n'en ont pas voulu." Extrait: "Aujourd'hui, j'habite en Bretagne et je suis dans la culture des poireaux (...) J'ai arrêté de croire à la culture, en cette chose qu'on appelle "la démocratisation culturelle". C'est l'idée qu'en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu'ils vont rattraper les riches! Je faisais ça dans les banlieues. Je leur balançais des charrettes d'engrais culturel, essentiellement sous forme d'art contemporain et de "création". Mais j'ai compris bêtement un jour que les riches avaient les moyens de se cultiver toujours plus vite... On dit aussi que la culture ça sert à reproduire les rapports sociaux. Moi j'en ai eu marre de les reproduire." Le texte, disponible sur le site de l'auteur (www.ardeur.net), est un excellent poil à gratter. Et Lepage, "LA" référence, qui a formé une ribambelle de conférenciers gesticulants...