Il a voulu prendre des cours avec Ravel, Nadia Boulanger, Stravinsky... Tous l'ont congédié parce qu'ils estimaient ne pas pouvoir l'aider et n'avoir plus rien à lui apprendre. Né en 1898 à Brooklyn d'un père joueur et bon vivant qui fuyait les violences antisémites de sa Rus...

Il a voulu prendre des cours avec Ravel, Nadia Boulanger, Stravinsky... Tous l'ont congédié parce qu'ils estimaient ne pas pouvoir l'aider et n'avoir plus rien à lui apprendre. Né en 1898 à Brooklyn d'un père joueur et bon vivant qui fuyait les violences antisémites de sa Russie natale et d'une mère pas très affectueuse, George Gershwin a cherché pendant toute sa vie un maître qu'il n'a jamais trouvé. Gershwin, qui a durant les années 20 renouvelé la bande-son du rêve américain, travaillait à quinze ans chez un éditeur musical en plein Broadway et signait à 19 piges son premier tube avec la chanson Swanee interprétée par Al Jolson. Autodidacte et novateur, Gershwin a créé pour l'Amérique une musique sur mesure, empreinte de toute la diversité de ses références culturelles. Chant yiddish, gospel afro-américain, belcanto italien et pétarades d'automobiles (l'instrumentation symphonique d' Un Américain à Paris comprenait des klaxons de taxis)... De Rhapsody in blue qui lui permet de passer de compositeur de chansons à celui de musique savante à Porgy and Bess, de Leslie Caron racontant son audition à Fred Astaire avec qui le compositeur voulait créer pour les comédies musicales un son nouveau ayant le souffle du jazz, Jean-Frédéric Thibault brosse le portrait didactique d'un génie mort à 38 ans d'une tumeur au cerveau.