A l'occasion de ses 50 ans, Gavin Friday a eu droit à une "petite" sauterie. Parmi les invités présents sur la scène du Carnegie Hall, à New York: Lou Reed, U2, Scarlett Johansson, Rufus Wainwright et même... Lady Gaga. "Elle n'est pas conne, rigole l'intéressé. C'est de la crédibilité en barre pour elle. Cela dit, elle est venue l'air de rien, sans la ramener, habillée presque normalement, s'est mise au piano et c'était vraiment bien. "
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A l'occasion de ses 50 ans, Gavin Friday a eu droit à une "petite" sauterie. Parmi les invités présents sur la scène du Carnegie Hall, à New York: Lou Reed, U2, Scarlett Johansson, Rufus Wainwright et même... Lady Gaga. "Elle n'est pas conne, rigole l'intéressé. C'est de la crédibilité en barre pour elle. Cela dit, elle est venue l'air de rien, sans la ramener, habillée presque normalement, s'est mise au piano et c'était vraiment bien. "N'empêche: difficile d'imaginer plus grand écart entre l'hyperstar pop d'un côté et l'ex-punk irlandais, disparu depuis un moment de la circulation. Seize ans (!) se sont écoulés depuis la sortie de Shag Tobacco, dernier album solo en date... Le temps de composer des musiques de films, de jouer lui-même l'acteur, etc. Figure aujourd'hui culte, Gavin Friday continue d'arborer sa gueule de docker et son Irish ironie, faux dur capable de grogner (le whiksy) et crooner (la crème) dans la même phrase. "Le truc génial avec la musique, c'est qu'elle vous procure une licence à la Dorian Gray: vous avez 18 ans à jamais. " En l'occurrence, à 18 piges, Friday traînait dans les rues avec un certain Paul Hewson, baptisé par ses soins Bono Vox, et fondait avec ses autres camarades de gang les Virgin Prunes, groupe théâtralement punk qui fera frémir l'Irlande bien-pensante. Trente-cinq ans plus tard, il sort catholic, toujours aussi remonté, posant pour la pochette sur son lit de mort, drapé des couleurs irlandaises, et publié dans son pays le jour du Vendredi saint... "Oui, bon, j'ai souvent tendance à me tirer une balle dans le pied (rires). Mes potes me disent que je suis taré de sortir cet artwork avec un titre pareil! Mais je n'en peux rien. Je fonctionne à l'instinct. Une cover devrait ouvrir une nouvelle fenêtre sur l'univers de l'album. Quand j'étais gamin, j'achetais des disques à cause de leur pochette. Je rentrais dans le magasin et je tombais sur Horses de Patti Smith. Est-ce un homme? Une femme? Au verso, il y avait tous ces mots à la Ginsberg, que je n'avais jamais lus nulle part. J'avais 14 ans, j'étais sidéré. "Dans catholic, Friday, né Fionán Martin Hanvey, évoque donc ses batailles intérieures, son divorce, la mort de son père - "j'ai toujours eu une relation difficile avec lui. On ne se comprenait pas. Il faut dire qu'à 40 ans, il avait pour fils une sorte d'Eraserhead, un antéchrist qui emmerdait tout et tout le monde". Le ton lui-même semble aujourd'hui apaisé, presque serein. Ce n'est évidemment qu'un leurre. "La colère est toujours là, elle est juste exprimée différemment. " La cible numéro un n'a d'ailleurs pas changé: l'Eglise "à qui l'Irlande a vendu son cul". S'il baptise son disque catholic, "avec un petit c", c'est donc bien par défi, pour lui "rendre son sens originel, celui d'universalité". Et d'enchaîner: "Pendant des décennies, le pays a été bridé. Du coup, quand le boom économique est arrivé, et que l'influence de l'Eglise a commencé à diminuer, les gens ont pété les plombs, comme des gamins lâchés dans un magasin de bonbons! Même les mecs dans les banlieues s'imaginaient chefs d'entreprise, achetaient des villas en Espagne... Aujourd'hui tout est de nouveau par terre, on a dû appeler le FMI, etc. Mais il faut croire que c'est une chance pour moi: à chaque fois que cela s'effondre, je sors un disque! (rires) " uGAVIN FRIDAY, CATHOLIC, DISTR. KONKURRENT. u EN CONCERT LE 19/11, AU CROSSING BORDER, ANVERS. EGALEMENT LE 15/02 AU MUZIEKODROOM (HASSELT) ET LE 18/02 AU HANDELSBEURS (GAND). UNE 4E DATE BELGE, LE 17/02, DOIT ENCORE ÊTRE ANNONCÉE. LAURENT HOEBRECHTS