La fierté, c'est celle de ce père entrepreneur en bâtiment, Charles, qui milite pour le Mitterrand de 1981. Celle qui le pousse pourtant à virer le jeune manoeuvre Selim, après l'avoir surpris sur le chantier dans les bras de son fils Victor, 17 ans. La fierté, c'est celle de Victor quand il ose faire son coming-out à sa petite amie et à sa f...

La fierté, c'est celle de ce père entrepreneur en bâtiment, Charles, qui milite pour le Mitterrand de 1981. Celle qui le pousse pourtant à virer le jeune manoeuvre Selim, après l'avoir surpris sur le chantier dans les bras de son fils Victor, 17 ans. La fierté, c'est celle de Victor quand il ose faire son coming-out à sa petite amie et à sa famille, à ce père qui ronge son frein et qu'il finira par ne plus voir. La fierté, c'est celle de Serge, militant de la cause gay en ces années ou l'homosexualité est encore pénalisée, et, dans les foyers, vécue comme une honte, une maladie, dans une incompréhension qui soulève les coeurs mais n'élève pas l'esprit. Il la partage avec Victor, plus jeune de quelques années, dont il s'est épris. Avec finesse, sobriété et des acteurs riches de leur touchante normalité, Philippe Faucon ( Fatima) filme le long chemin des luttes pour les droits des homosexuels -les autres minorités sexuelles font malheureusement de la figuration. Depuis la dépénalisation tardive de l'homosexualité en 1982 jusqu'à la loi Taubira de 2013 ouvrant le mariage à toutes et tous, avec une étape en 1999 (le Pacs, l'adoption, la parentalité...), à travers la séropositivité de Serge (superbe Stanislas Nordey), la colère de leur fils Diego traité de fils de pédés, le père Charles qui desserre les mâchoires, les manifs, les amants, la vie, les trois épisodes nous font aimer le couple Victor/Serge, révolutionnaires d'une génération qui entend faire comprendre que la liberté d'aimer, c'est politique.