Tout au long de sa carrière, Hoover, le patron du FBI que Leonardo DiCaprio a brillamment incarné dans le film J. Edgar de Clint Eastwood, a traqué Charlie Chaplin, persuadé que le cinéaste était un dangereux agitateur communiste à la solde de Moscou. Pendant 50 ans, le premier directeur du Federal Bureau of Investigation a espionné la star du cinéma muet. Il l'a mise sur écoute. II a scruté ses films, épluché ses comptes en banque et surveillé son entourage, ses relations sexuelles et sentimentales... Avant même la sortie du Dictateur, la Commission des activités anti-américaines s'est déjà inquiétée de cet immigrant anglais venu leur faire la morale. Avec Les Temps modernes, critique de l'esclavagisme capitaliste, Charlie Chaplin est devenu dès 1936 une icône à la réputation de pamphlétaire, de symbole des opprimés et porte-parole des plus faibles. Hoover voit carrément en lui un membre, à tout le moins un sympathisant, du Parti communiste. Voire d'ailleurs un agent du KGB. Le documentaire de Patrick Cabouat raconte à travers ce prisme de la surveillance le génie du cinéma muet. Il revient sur son discours lors d'un meeting à San Francisco pour soutenir l'URSS contre le nazisme et sur son refus éternel de prendre la nationalité américaine. Le portrait croisé d'un formidable humaniste et d'un homme de pouvoir sexiste, raciste pour qui un Blanc valait deux Noirs.

Documentaire de Patrick Cabouat.

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