L'événement ravira aussi bien les bédéphiles que les cinéphiles: dans l'attente d'une réouverture des salles que l'on espère imminente, la galerie Huberty & Breyne, à Bruxelles, propose, sous l'intitulé 45 artistes font leur cinéma, une exposition inscrite aux confluents du 9e et du 7e arts. Répondant à l'invitation du curateur David Merveille, une cinquantaine d'artistes proposent des oeuvres diverses -portraits, affiches alternatives, scènes de films et autres- et souvent inédites, inspirées par le cinéma. Qu'il s'agisse, comme Philippe Dupuy, de recréer des scènes de Blue Velvet, de David Lynch, ou, comme...

L'événement ravira aussi bien les bédéphiles que les cinéphiles: dans l'attente d'une réouverture des salles que l'on espère imminente, la galerie Huberty & Breyne, à Bruxelles, propose, sous l'intitulé 45 artistes font leur cinéma, une exposition inscrite aux confluents du 9e et du 7e arts. Répondant à l'invitation du curateur David Merveille, une cinquantaine d'artistes proposent des oeuvres diverses -portraits, affiches alternatives, scènes de films et autres- et souvent inédites, inspirées par le cinéma. Qu'il s'agisse, comme Philippe Dupuy, de recréer des scènes de Blue Velvet, de David Lynch, ou, comme Dave McKean, de revisiter les affiches de classiques expressionnistes; ou, pour Philippe Berthet, de proposer sa vision de Vertigo et, pour Philippe de Kemmeter, de présenter une galerie de James Bond, le potentiel fantasmatique est le même, venu immanquablement happer le visiteur. " Le projet est né il y a environ quatre mois, raconte Merveille -dont on peut découvrir l'une des déclinaisons du Hulot de Tati, mais aussi une affiche alternative du Grand blond avec une chaussure noire adoubée par Pierre Richard lui-même. Avec Alain Huberty, on s'est dit que le thème avait d'autant plus d'intérêt actuellement que toutes les salles étaient fermées. C'était une façon d'offrir au public un petit avant-goût de la réouverture, d'entretenir la flamme." Et de procéder, dans la foulée, au casting des artistes invités, réunissant grands noms de l'illustration et de la BD, de Laurent Durieux à Manara, en passant par Loustal ou Schuiten, et nouveaux venus, tels Filippo Fontana, graphiste à l'imaginaire sous inspiration nippone (voir ainsi son Gojira) ou l'autrice Maran Hrachyan, avec des planches de sa BD sur Patrick Dewaere, À part ça la ville est belle. " J'ai accordé une attention particulière à la présence féminine, qui reste assez rare dans le monde de la bande dessinée", relève encore le curateur. Les cimaises alignent ainsi les noms de Rébecca Dautremer (avec des études pour Kérity) ou Kitty Crowther dans l'espace jeunesse, de Nathalie Novi pour une série de portraits, ou de Joëlle Jolivet avec des dessins de sa BD Freak Parade, inspirée du classique de Tod Browning, et l'on en passe. De même qu'elle varie les techniques et les styles, l'expo pratique par ailleurs la cinéphilie non exclusive, et si Bastien Vivès a flashé sur l'univers de Russ Meyer, François Avril salue pour sa part le Ozu de Herbes flottantes tandis que Johan De Moor réinvente Les Oiseaux sous le titre... Les Réseaux (sociaux), Hitchcock étant, incidemment, le cinéaste le plus représenté. " Chaque artiste revisite à sa façon les films qu'il a appréciés. C'est vraiment un travail très singulier, d'où l'intérêt de cette exposition, qui permet d'avoir un regard différent d'un film à l'autre, en fonction de l'artiste." Si les prix des oeuvres se situent dans une fourchette allant de 20 euros à 30 000, ce que vend surtout cette expo, c'est du rêve...