Quand elle avait fait La Tourneuse de pages juste après L'Enfant, on s'était déjà demandé si la jeune actrice liégeoise, même pas 20 ans à l'époque, n'était pas capable de tout jouer. A l'heure où paraît Populaire ( lire critique page 31) de Régis Roinsard ( lire portrait page 42), la question ne se pose même plus! Magnifique dans un personnage de Rose qui lui offre un bouquet d'émotions différentes à exprimer, elle passe de l'anonymat provincial et de l'innocence au glamour via une affirmation et une détermination des plus impressionnantes. Si le succès public est au rendez-vous (et il devrait l'être), il y aura pour Déborah François un avant et un après Populaire...
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Quand elle avait fait La Tourneuse de pages juste après L'Enfant, on s'était déjà demandé si la jeune actrice liégeoise, même pas 20 ans à l'époque, n'était pas capable de tout jouer. A l'heure où paraît Populaire ( lire critique page 31) de Régis Roinsard ( lire portrait page 42), la question ne se pose même plus! Magnifique dans un personnage de Rose qui lui offre un bouquet d'émotions différentes à exprimer, elle passe de l'anonymat provincial et de l'innocence au glamour via une affirmation et une détermination des plus impressionnantes. Si le succès public est au rendez-vous (et il devrait l'être), il y aura pour Déborah François un avant et un après Populaire... Elle me passionne. Certes elle me parle uniquement via les films. Mais quels films! Enfant déjà, j'adorais les comédies romantiques des années 50... Pour préparer le film, j'ai reçu plein de documents, de photos, plein d'archives télé, de publicités, de magazines de l'époque. Je me suis imprégnée des attitudes, des poses, du parler... C'est une période charnière. Et c'était en effet très intéressant de jouer ce dont vous parlez dans Populaire. Rose a peut-être et même probablement vu certains de ces films américains, ça lui a peut-être donné des idées (rire)! J'aime beaucoup Audrey Hepburn! C'est une telle évidence. Elle a tout. Elle est racée, adorable. Il y a dans son visage quelque chose d'une pureté folle. Et quelle classe! Elle n'a pas cette beauté froide qu'avait une Grace Kelly, ni cette approche disons facile qu'a Marilyn. Elle traverse tout comme une danseuse, une ballerine... Et ce qui émane d'elle est unique. Elle irradie de manière inexplicable. A vrai dire, elle n'a pas le physique de l'époque, elle n'a pas de hanches, pas de seins, elle n'a rien des canons de la beauté d'alors! En fait, elle n'aurait jamais dû réussir à l'époque... Mon personnage dans Populaire est elle aussi fan d'Audrey Hepburn. Et quand j'ai lu cela dans le scénario, je me suis dit: " Rose, c'est moi!" (rire) Je ne sais pas. Peut-être. Mais je ne m'y suis pas encore retrouvée confrontée. J'ai toujours voulu me diversifier. Ne pas risquer de me trouver enfermée dans une case. On dit parfois qu'il faut se trouver un créneau, quand on est jeune et qu'on démarre. Je n'aime pas les créneaux. Fait chier, les créneaux (rire)! C'était la première scène, la scène de l'entretien d'embauche, quand Rose se présente pour tenter d'obtenir l'emploi de secrétaire. C'était drôle, ce parallélisme entre ce que nous vivions, elle dans la fiction et moi dans la réalité! Il était écrit dans le scénario que Rose devait rougir durant la scène. Et j'ai rougi... (rire) Je le confirme, on ne peut pas contrôler ça... L'évolution qu'elle vit, toutes ces émotions successives qu'elle ressent tout au long de l'histoire. L'amener à passer par tous ces états émotionnels est quelque chose de passionnant pour une comédienne. J'aimais aussi beaucoup l'originalité du scénario, la manière intelligente, subtile, dont il était écrit. C'est rare de lire une comédie comme ça. C'est une pépite de scénario! Oui. Techniquement parlant, une comédie qui n'aurait pas son rythme dès l'écriture, vous ne pouvez pas la sauver ensuite, même avec des trésors de jeu. Là, sur la page, ça fonctionnait d'évidence. Ça ne pouvait pas rater, pour peu que la réalisation, les comédiens, fassent ce qu'il fallait faire... C'est la toute première fois, en tout cas, que j'ai l'occasion de jouer un personnage aussi essentiellement fantaisiste. Dans les comédies que j'ai pu faire avant, ce qui était drôle, c'était le contexte, ce qui peut arriver au personnage. Ici, cela vient du personnage en lui-même, parce qu'il est un peu plus que réel, un peu décalé. Ce côté décalé, je l'ai aussi dans la vie. J'avais très envie de mettre ça quelque part mais je n'avais pas encore trouvé de film pour le faire. Alors, oui, le plaisir éprouvé était grand, très grand. C'était la référence, en effet. J'ai adoré ça! Tac tac tac, beat... Tac tac tac, beat... C'est du rythme pur, comme la machine à écrire de Rose. Et ce rythme, il faut l'avoir, il faut capter le beat, ou ça ne marche pas! RENCONTRE LOUIS DANVERS