C'est une magnifique narration visuelle, spectrale et onirique, que livre la Bruxelloise Stéphanie Roland (1984) à la faveur d'une parution intitulée Event Horizon - L'Horizon des événements. Diplômée de l'ENSAV-La Cambre et passée par l'UDK -Universität der Künste (Berlin) où ell...

C'est une magnifique narration visuelle, spectrale et onirique, que livre la Bruxelloise Stéphanie Roland (1984) à la faveur d'une parution intitulée Event Horizon - L'Horizon des événements. Diplômée de l'ENSAV-La Cambre et passée par l'UDK -Universität der Künste (Berlin) où elle a suivi les enseignements de Hito Steyerl et Thomas Arslan-, Roland cite Pierre Huyghe, Gregory Crewdson, Katie Paterson ou encore Edith Dekyndt comme influences. Le panthéon est validé mais on aimerait ajouter David Lynch au vu de l'atmosphère mystérieuse qui plane sur l'opus en question. Au centre de celui-ci, dont il faut signaler le graphisme à l'épure exemplaire, on trouve l'enfance mais une enfance inquiétante, celle du Village des damnés, version Wolf Rilla. La "petite tête blonde" est ici dépositaire d'une menace ou, à tout le moins, d'une énigme que l'on n'est pas sûr de vouloir résoudre. Fenêtres embuées, tente éclairée de l'intérieur, piscine en plastique, plaine de jeux désertée, barque que l'on dirait prête à traverser le Styx... Il se passe ici quelque chose de trouble dont les contours sont enrobés d'un halo nocturne. Des visions? Peut-être que les menaces planant sur la planète expliquent ces fantasmes dépeuplés où la désertification du monde croise la possibilité d'un décollage vers un autre univers.