Sur un plateau de cinéma, ils assurent ne rien faire séparément, tirant leur force de ce binôme d'énergies conjuguées en constante réflexion créative pour affronter les aléas parfois tumultueux des tournages. Et en interview, en effet, leurs propos semblent s'accorder naturellement, l'un finissant souvent la phrase de l'autre et inversement, quand ils ne s'expriment tout simplement pas d'une seule et même voix. Couple d'affables quinquas formés à l'école MTV, Jonathan Dayton et Valerie Faris reviennent enfin, six ans après Little Miss Sunshine, avec un deuxième long métrage, Ruby Spark...

Sur un plateau de cinéma, ils assurent ne rien faire séparément, tirant leur force de ce binôme d'énergies conjuguées en constante réflexion créative pour affronter les aléas parfois tumultueux des tournages. Et en interview, en effet, leurs propos semblent s'accorder naturellement, l'un finissant souvent la phrase de l'autre et inversement, quand ils ne s'expriment tout simplement pas d'une seule et même voix. Couple d'affables quinquas formés à l'école MTV, Jonathan Dayton et Valerie Faris reviennent enfin, six ans après Little Miss Sunshine, avec un deuxième long métrage, Ruby Sparks, écrit et interprété par la jeune Zoe Kazan ( Revolutionary Road, Meek's Cutoff). Laquelle n'a pas manqué d'embarquer dans l'aventure son compagnon Paul Dano ( There Will Be Blood). Explications. Jonathan Dayton: Oui. Nous n'écrivons pas nos scénarios, mais nous n'en éprouvons pas moins le besoin de devenir les auteurs de nos films. Cela implique un gros boulot en amont avec le scénariste. En l'occurrence, Zoe est venue nous trouver spontanément avec le script, et nous avons travaillé neuf mois durant avec elle à sa réécriture... Valerie Faris: Nous aimons cette étape, développer l'histoire en compagnie de l'auteur originel. Il ne nous viendrait pas à l'esprit d'engager quelqu'un d'autre pour s'en occuper. C'est un processus d'échange permanent où nous avons déjà le loisir d'imprimer notre griffe. Qui se précise encore durant les repérages, le tournage, le montage... J.D.: Oui, je le pense sincèrement. V.F.: Paul et Zoe vivent ensemble. En commençant à écrire le film, il est vite apparu à Zoe qu'ils devraient le jouer tous les deux. J.D.: Oui, vous pouvez ressentir l'intimité qui était présente sur le plateau en regardant le film. Tous les couples rencontrent le problème qu'il soulève, ce désir de contrôler l'autre... V.F.: Parfois cela se manifeste dans des toutes petites choses, sans importance... J.D.: Mais on trouvait très intéressant d'explorer ce que ça impliquerait concrètement si le contrôle total vous était donné. Dans le film, Ruby sort de l'imagination de Calvin, et pourtant elle lui échappe peu à peu. V.F.: Tout à fait, c'est ce qui nous intéressait dans cette histoire. En tant que réalisateur d'un film, vous voulez en maîtriser tous les aspects. Mais en même temps ce n'est pas complètement possible. Ce pouvoir vous échappe toujours un peu, comme Ruby avec Calvin. Il ne faut pas vouloir tout contrôler, réduire les autres à de simples marionnettes... J.D.: Il faut savoir aussi laisser le film tracer sa propre voie. J.D.: Nous travaillons actuellement sur une série pour HBO avec Daniel Clowes, l'auteur de Ghost World, David Boring... Il s'agit d'une histoire originale, dont il n'a pas tiré de comics. Nous avions déjà bossé avec lui pour le clip animé d'un morceau des Ramones il y a quelques années... V.F.: Nous aimons beaucoup son dessin, du coup l'un des challenges consiste à tenter de rendre son esthétique en prises de vue réelles. J.D.: Nous allons diriger le pilote et même peut-être toute la série, qui pourrait compter huit épisodes. Ça s'appellera The Landlord. l RENCONTRE NICOLAS CLÉMENT