La première nous a régalés sept saisons durant en bureaucrate à l'optimisme acharné dans l'hilarante et formidable série mockumentaire Parks and Recreation. Le second est mondialement connu pour avoir été le showrunner des Simpsons -qu'on ne présente plus. Ensemble, Amy Poehler et Mike Scully sont aujourd'hui aux commandes de Duncanville. Série animée diffusée au printemps dernier outre-Atlantique et désormais disponible chez nous sur Amazon Prime, cette dernière raconte les aventures quotidiennes d'une famille moins dysfonctionnelle que foncièrement ordinaire dans une petite ville a...

La première nous a régalés sept saisons durant en bureaucrate à l'optimisme acharné dans l'hilarante et formidable série mockumentaire Parks and Recreation. Le second est mondialement connu pour avoir été le showrunner des Simpsons -qu'on ne présente plus. Ensemble, Amy Poehler et Mike Scully sont aujourd'hui aux commandes de Duncanville. Série animée diffusée au printemps dernier outre-Atlantique et désormais disponible chez nous sur Amazon Prime, cette dernière raconte les aventures quotidiennes d'une famille moins dysfonctionnelle que foncièrement ordinaire dans une petite ville a priori sans histoires des États-Unis. Il y a Annie, la mère, préposée zélée aux parcmètres, Jack, le père, plombier fan hardcore de vieux rock seventies, Duncan, l'aîné, adolescent geek et rêveur sujet à la scoliose, Kimberly, la deuxième, jeune fille angoissée en quête d'identité, et enfin Jing, la petite dernière, enfant asiatique adoptée au coeur d'artichaut qui ne rêve que de mariage d'amour. Un foyer nucléaire tout ce qu'il y a de plus archétypal, donc, mais ausculté avec ce regard tendre et oblique qui fait tout le sel des meilleurs humoristes américains. Composée de onze épisodes d'une petite vingtaine de minutes chacun, cette première saison attire d'emblée la sympathie, même si elle met un peu de temps à véritablement trouver ses marques. On pense d'abord pêle-mêle à Family Guy, aux Simpsons bien sûr, voire même à South Park. En beaucoup moins corrosif, toutefois. Au premier coup d'oeil, Duncanville ne brille pas forcément par son originalité, mais regorge de personnages attachants à l'indéniable potentiel dramaturgique. Absolument génial, le sixième épisode de la série marque néanmoins un tournant, et propulse définitivement l'ensemble dans la cour des grands. Volontiers bavarde, bourrée de petites trouvailles qui fusent et de moments d'onirisme déconnant, Duncanville possède cette grande qualité de ne pas chercher absolument à être cool ou dans l'air du temps. Références à Alice Cooper et Joan Jett, à Stevie Nicks et The Who, à Bruce Springsteen et Guns N' Roses, aux films Nell et Tango & Cash, à Alf et aux Gremlins... Pas sûr que les millennials et les zoomers s'y retrouvent toujours, mais les représentants de la génération X, eux, en tout cas, boivent du petit lait devant ce divertissement intelligent qui bénéficie en outre d'un solide casting voix: Amy Poehler dans le rôle de la mère et... du fils aîné, Ty Burrell ( Modern Family) dans celui du père, Rashida Jones ( The Office US) en idéal amoureux et même le rappeur Wiz Khalifa en professeur gentiment immature... On prédit à Duncanville un bel avenir. Déjà dans les tuyaux, la deuxième saison du show pourrait bien mettre la barre tout là-haut, en effet. À suivre de très près.