Lancée en 2005 sur Canal+, Engrenages est très vite apparue, au côté de Mafiosa (2006), comme le fer de lance d'une fiction française bien décidée à se débarrasser de ses oripeaux de ringardise giscardienne réac ( Julie Lescaut, Navarro, Une Femme d'Honneur et autres Joséphine Ange Gardien...). La première mouture, créée par Alexa...

Lancée en 2005 sur Canal+, Engrenages est très vite apparue, au côté de Mafiosa (2006), comme le fer de lance d'une fiction française bien décidée à se débarrasser de ses oripeaux de ringardise giscardienne réac ( Julie Lescaut, Navarro, Une Femme d'Honneur et autres Joséphine Ange Gardien...). La première mouture, créée par Alexandra Clert et Guy-Patrick Sainderichin (premiers noms d'une liste de showrunners qui a bien bougé en quatorze ans) balançait dans les zones de gris, les collusions et les méandres de la procédure pénale française une galerie de personnages cisaillés par une écriture au cordeau. Une signature qui a gagné en profondeur et en complexité au gré des saisons, fidèle à son postulat de base, qui ambitionnait d'en faire une série la plus réaliste possible. La sixième avait passé les personnages à la sulfateuse, la centrifugeuse, la broyeuse. Une politique scénaristique de la terre brûlée sur les cendres desquelles émergent de nouveaux épisodes, près de deux ans plus tard (une habitude de la production), d'une qualité et d'une rigueur inchangées. La dépression et la case prison pour l'avocate Joséphine Karlsson (Audrey Fleurot), la solitude du coureur de fond pour le juge Roban (Philippe Duclos): outre des trames narratives noyant le réel dans la nuit, Engrenages continue de révéler le talent de ses acteurs et actrices et la pugnacité de ses auteurs. Fiction humaniste et procédurale, à la fois miroir et repoussoir, sa septième saison ne sera certainement pas celle de trop.