De Jean Parvulesco (1929-2010), les cinéphiles ont le souvenir de l'apparition, sous les traits de Jean-Pierre Melville, dans À bout de souffle, de Jean-Luc Godard où, à Jean Seberg qui l'interrogeait à même le tarmac de l'aéroport d'Orly sur son ambition dans la vie, il répondait par une réplique sans appel: " Devenir immortel...

De Jean Parvulesco (1929-2010), les cinéphiles ont le souvenir de l'apparition, sous les traits de Jean-Pierre Melville, dans À bout de souffle, de Jean-Luc Godard où, à Jean Seberg qui l'interrogeait à même le tarmac de l'aéroport d'Orly sur son ambition dans la vie, il répondait par une réplique sans appel: " Devenir immortel, et mourir" . Derrière la tirade énigmatique se cachait un individu ne l'étant guère moins qu'avait rencontré JLG dans un ciné-club du Quartier Latin: Ion Parvulescu, né en Roumanie en 1929, et débarqué 20 ans plus tard en France après avoir fui la mainmise soviétique sur son pays. Un clandestin de la Nouvelle Vague à la posture de dandy fascisant, bientôt doublé d'un prolifique écrivain de l'ombre à la réputation sulfureuse. Enfant-acteur chez ce même Godard (un ami de la famille, dont il considère aujourd'hui, dans l'amertume persistante d'une rupture douloureuse, qu'il fut " un soleil trompeur"), avant de goûter à la célébrité avec Un éléphant ça trompe énormément, puis d'embrasser une carrière éclectique qui l'amènerait à croiser celui que l'on surnomma "Parvulescroc", Christophe Bourseiller lui consacre aujourd'hui un curieux petit ouvrage. Un livre-enquête en quatre actes où, " parti à la recherche de Jean Parvulesco. Le vrai", l'auteur se livre également à une réflexion autobiographique, déployant leurs histoires en miroir en quelque " voyage sinueux dans les méandres de la mémoire". Pour conclure, autour de leurs destins de cinéma contrariés, à leur convergence de " personnages en quête d'auteur". Sinon d'immortalité...