Bien sûr, c'est là avant tout le film de Michael Keaton, qui s'y révèle absolument phénoménal dans le rôle-titre, quelque chose comme Batman renaissant sous nos yeux en Birdman. Mais si le nouvel opus d'Alejandro Inarritu (lire critique page 22) est une incontestable réussite, il le doit aussi à l'ensemble réuni par le réalisateur mexicain à l'ombre de l'ex-super-héros, à savoir les Emma Stone, Naomi Watts, Zach Galifianakis ou autre Edward Norton qui gravitent alentour. Dans le rôle d'un comédien de théâtre appelé à la rescousse d'un projet battant de l'aile, et témoignant en la circonstance d'une arrogance à la mesure de son talent, l'acteur de Moonrise Kingdom régale tout particulièrement, apportant un supplément de piquant à un scénario passant Hollywood et ses films de super-héros à la moulinette de l'intelligentsia new-yorkaise. Du pain bénit pour un Norton dont le parcours s'est décliné de part et d'autre de cette frontière invisible; aussi à l'aise au sein du Signature Theatre où il débuta et continue de s'investir, que sous les traits de The Incredible Hulk, pour Louis Leterrier. "L'ironie sous-tendant le film participait du plaisir, commente-t-il. Birdman joue à plusieurs niveaux, et n'épargne personne tout en témoignant de compassion à l'égard de tout le monde. J'ai...