Avant était le désert. Un long désert, une saison sèche, et... un manque à gagner frustrant pour l'industrie (américaine) du film. L'été, c'était Gobi en Panavision, la Vallée de la Mort en Technicolor, deux gros mois de chômage ou presque, une zone aveugle où l'on n'osait déverser que les navets les plus blets, les productions les plus calamiteuses, les bobines qui prenaient la poussière sur les étagères des studios faute d'espoir de sortie "normale". Un homme, et un film, allaient tout changer, voici aujourd'hui 37 ans. Le jeune Steven Spielberg ne tenait pas seulement un succès potentiel avec Jaws, thriller à suspense et grand spectacle centré sur un requin mangeur d'hommes et le trio lancé à sa poursuite. Il pensait aussi qu'il était possible de le sortir au moment même où le public gagnait les plages... sans se douter du danger. Chez Universal, on se dit qu'il y avait en effet, peut-être, quelque chose à tenter avec cette petite bombe cinématographique signée par le "wonder boy" maison. " Soyons fous!", s'exclamèrent les dirigeants de la puissante compagnie, le big boss Lew Wasserman en tête, tandis que leurs comptables ouvraient leur bouton de chemise et détachaient leur cravate, pas seulement au vu de la chaleur ambiante, mais en songeant au risque couru en cas d'échec...
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