Voici venir le joli, joli mois de mai et avec lui ce foisonnant échantillon international de création contemporaine qu'est le Kunstenfestivaldesarts bruxellois. Outre un volet résolument politique -Bird Watching de Lawrence Abu Hamdan, performance sur base de témoignages d'ex-détenus de la prison de Saydnaya, près de Damas; Empire, troisième volet de la trilogie européenne de Milo Rau, consacré au sud du continen...

Voici venir le joli, joli mois de mai et avec lui ce foisonnant échantillon international de création contemporaine qu'est le Kunstenfestivaldesarts bruxellois. Outre un volet résolument politique -Bird Watching de Lawrence Abu Hamdan, performance sur base de témoignages d'ex-détenus de la prison de Saydnaya, près de Damas; Empire, troisième volet de la trilogie européenne de Milo Rau, consacré au sud du continent et aux migrants qui y échouent; Displacement du chorégraphe syrien Mithkal Alzghair; Simple as ABC #2 de Thomas Bellinck, sur la digitalisation de la gestion migratoire...- et le retour très attendu de quelques grands noms -Claude Régy, Marlene Monteiro Freitas, Boris Charmatz...-, on pointera aussi dans l'abondant programme une série de rendez-vous qui repoussent les frontières des formats spectaculaires, que ce soit dans le temps, dans l'espace ou dans les dispositifs employés. Avec Time has fallen asleep in the afternoon sunshine, l'artiste norvégienne Mette Edvardsen propose une salle de lecture où l'on peut consulter des "livres vivants": des performeurs qui ont appris par coeur tout un livre et vont restituer sur papier ce que leur mémoire en a retenu. Pour Composite, le Japonais Testuya Umeda a rassemblé un groupe hétéroclite de Bruxellois invités à se mouvoir en chantant le long d'un parcours prédéfini, en partie dans la rue. Les Equatoriens Fabián Barba & Esteban Donoso ouvrent à La Bellone un "jardin de limaces" (Slugs' Garden) qui invite à l'exploration tactile. Le Bruxellois Pieter De Buysser s'installe au Planétarium pour The Tip of the Tongue, une "conférence de cosmologie pour pionniers d'une nouvelle image du monde". Quant au Suédois Mårten Spångberg, il investit la Villa Empain pour une nouvelle version de sa Natten présentée au Kusnten en 2016: sept heures de performance nocturne à laquelle on peut accéder toutes les heures ou que l'on peut expérimenter dans sa totalité. Autant d'invitations à sortir de la routine, à entrer dans l'inconnu. Kunstenfestivaldesarts, du 05 au 27/05 à Bruxelles, www.kfda.be Estelle Spoto