DE STEVEN SPIELBERG. AVEC DEE WALLACE, PETER COYOTE, HENRY THOMAS. 1 H 55. DIST: UNIVERSAL.
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DE STEVEN SPIELBERG. AVEC DEE WALLACE, PETER COYOTE, HENRY THOMAS. 1 H 55. DIST: UNIVERSAL. Il a beau être reparti depuis longtemps vers sa lointaine planète, E.T. n'en revient pas moins régulièrement visiter nos parages sous une forme ou une autre. Ne l'avait-il pas dit à son ami Elliott, au moment des adieux: " Je serai toujours là!"? Avènement du standard Blu-ray oblige, et dans le cadre des sorties marquant le 100e anniversaire du studio Universal, le film de Steven Spielberg opère donc son énième retour dans un beau coffret contenant un Blu-ray disc, un DVD pour copie digitale à télécharger (gratuitement) et un livret richement illustré de 44 pages. Trente ans après sa sortie, E.T. L'Extraterrestre conserve toute son efficacité spectaculaire et surtout émotionnelle. Les nombreux suppléments voient notamment le réalisateur revenir sur l'expérience du film, et sur l'importance qu'il eut sur la suite de sa carrière. Ils contiennent aussi des documentaires sur différents aspects de sa création, des dessins préparatoires à la musique en passant par l'élaboration des décors et les effets spéciaux. Des scènes coupées au montage final figurent aussi dans l'ensemble. Spielberg a expliqué un jour que l'idée du personnage d'E.T. et de sa relation avec le jeune Elliott lui était venue d'un souvenir intime, celui de l'ami imaginaire qu'il s'était créé, enfant, au moment du divorce de ses parents. La dimension affective du récit est très importante, qui inclut l'absence du père, et fait de l'extraterrestre aux pouvoirs magiques un guérisseur plus encore qu'un ami. D'où l'impact extraordinaire de la scène où E.T. tombe malade et frôle la mort avant de "revenir" (déjà), de ressusciter. Moment déchirant pour un Elliott devenu protecteur et voyant celui qui lui fait tant de bien "s'en aller" sans qu'il puisse prévenir une issue potentiellement fatale... Même après de nombreuses visions, la séquence étreint le spectateur bouleversé. Magie d'un artifice absolu devenu réalité palpable par la grâce du talent fou, empathique, d'un cinéaste de 36 ans. Le cinéma de science-fiction a rarement engendré vision aussi bienveillante que celle de cette amitié entre un extraterrestre et un petit garçon. Le regard positif qu'avait Spielberg des rapports entre humains et aliens, déjà illustré par Rencontres du troisième type, s'est longtemps opposé à celui d'une majorité de films du genre présentant d'autres formes de vie venues de l'espace comme une terrifiante menace. Il aura fallu les attentats du 11 septembre 2001 pour que le cinéaste noircisse (brillamment) le propos dans une très impressionnante adaptation de La Guerre des mondes. Avec le retour de la figure du père salvateur, sous les traits de Tom Cruise... LOUIS DANVERS