On le sent, on le sait dès la couverture, et dès la première page aux tons pastel et cette citation de Charles Trenet qui ouvre le nouveau livre de David Prudhomme (" Et la voix des peupliers/Jamais, jamais je n'ai pu oublier"): ce récit-là promet un moment suspendu, provincial, terriblement humain et d'une douce nostalgie. Et on n'est pas déçu au fil des...

On le sent, on le sait dès la couverture, et dès la première page aux tons pastel et cette citation de Charles Trenet qui ouvre le nouveau livre de David Prudhomme (" Et la voix des peupliers/Jamais, jamais je n'ai pu oublier"): ce récit-là promet un moment suspendu, provincial, terriblement humain et d'une douce nostalgie. Et on n'est pas déçu au fil des pages, au contraire, ce Bruit dans le ciel est un pur diamant que l'auteur aura mis presque une vie à polir! L'auteur de Rébétiko, Vive la marée! et Mort & vif y retrace en effet sa vie, et surtout son enfance, dans le hameau de Grangeroux, aux abords de Chateauroux, lui-même bled perdu seulement connu des Berrichons, de Gérard Depardieu (seule vedette à y avoir vécu et dont l'ombre plane ici) et des professionnels de l'aviation, qui se succèdent depuis 40 ans sur l'ancienne base militaire américaine d'à coté. Celle-ci étant la seule fenêtre ouvrant sur les bruits du monde dans cette campagne française. David Prudhomme s'était déjà inspiré des lieux pour écrire et dessiner L'Oisiveraie; il leur rend définitivement hommage dans ce formidable récit intime, aussi local qu'universel. " J'emporte le souvenir de ce petit théâtre, qu'à cet instant, je pense immuable. Mais bédé (surnom de son grand-père, mais aussi nom de la passion qui occupe tous ses dimanches, NDLR) me l'avait pourtant dit. Tout est en mouvement. Toujours, tout rebondit." Et Prudhomme, de son trait magnifiquement épuré, de nous offrir une bouleversante leçon de vie, tout en chaleur humaine: " Faire son miel de toute chose. En tentant de rendre sa fantaisie au quotidien. Voilà peut-être le secret maison. Ce que j'ai appris ici. Dans l'oeil du cyclone. Au milieu de rien. Mon manège à moi."