En 2002, le compositeur américain d'avant-garde William Basinski publiait le premier volet de ses Disintegration Loops, probablement l'une des séries les plus emblématiques de l'ambient music. L'histoire est connue: en voulant numériser des boucles enregistrées sur de vieilles cassettes audio, Basinski a constaté que le son se détériorait un peu plus à chaque passage. Il décidera alors d'enregistrer le processus de détérioration de la band...

En 2002, le compositeur américain d'avant-garde William Basinski publiait le premier volet de ses Disintegration Loops, probablement l'une des séries les plus emblématiques de l'ambient music. L'histoire est connue: en voulant numériser des boucles enregistrées sur de vieilles cassettes audio, Basinski a constaté que le son se détériorait un peu plus à chaque passage. Il décidera alors d'enregistrer le processus de détérioration de la bande jusqu'à son extinction finale. Il achèvera son travail au matin du 11 septembre 2001. Le lendemain, il réécoutera le résultat et réalisera, en regardant les images de l'écroulement du WTC, à quel point il colle aux événements, parabole de l'effondrement d'un monde. À cet égard, The Disintegration Loops reste encore aujourd'hui l'un des échos musicaux les plus troublants aux attentats du 11 septembre. Quinze ans plus tard, c'est une autre sorte d'hommage que suggèrent les bourdons (drones) de Basinski. Sorti en début d'année, A Shadow In Time s'appuie à nouveau sur des boucles analogiques de Basinski, cette fois "machouillées par le chat de son colocataire". Une semaine après la présentation de ce nouveau travail, David Bowie disparaissait à New York. Et inspirait à Basinski les 20 minutes en apesanteur de For David Robert Jones. C'est cette musique hypnotisante que Basinski viendra proposer lors du prochain Bozar Electronic Arts Festival. Il sera assurément l'un des moments forts d'un événement qui ne devrait à nouveau pas en manquer. Du 14 au 30 septembre, le festival bruxellois propose en effet un menu aussi copieux qu'alléchant. Sont ainsi encore attendus, entre deux conférences et installations sonores, des concerts de Ben Frost, du toujours épatant Pantha du Prince, ou encore du célèbre musicien minimaliste Johann Johannson. À noter que le BEAF sera inauguré lors d'une soirée commune avec le lancement de la première édition des Nuits sonores (lire en pages 24-27). Preuve s'il en fallait que l'automne bruxellois sera électronique (on pense encore à la seconde édition du Brussels Electronic Marathon le week-end du 13-14-15 octobre), ou ne sera pas... Bozar Electronic Arts Festival, du 14 au 30/09. Infos : www.bozar.be LAURENT HOEBRECHTS