Dans Dope Rider, tout ou presque est dans le nom -on l'appelle aussi " le Stone Solitaire, le Ranger Osseux, le Pope de la Dope, le Maharishi du Haschich et le Gansta de la Ganja". Autrement dit, ce squelette de cow-boy n'a qu'une idée en tête, qu'il déploie dans chaque page de "gag" de cette nouvelle antho...

Dans Dope Rider, tout ou presque est dans le nom -on l'appelle aussi " le Stone Solitaire, le Ranger Osseux, le Pope de la Dope, le Maharishi du Haschich et le Gansta de la Ganja". Autrement dit, ce squelette de cow-boy n'a qu'une idée en tête, qu'il déploie dans chaque page de "gag" de cette nouvelle anthologie particulièrement psychédélique: se défoncer. Né il y a 40 ans dans les pages du magazine High Times, le vétéran Paul Kirchner s'y est remis voici quelques années et toujours dans High Times, aussitôt suivi par l'éditeur français Tanibis qui en est particulièrement bleu (on lui doit déjà les deux volumes du Bus, l'anthologie En attendant l'apocalypse ou Jheronimus & Bosch, le tout édité à la fois en anglais et en français) en ne changeant rien à la formule qui en avait fait un héros de la contre-culture post-hippie: chaque page de quête de beuh est surtout un prétexte pour un gros délire graphique et stylistique qui, l'air de rien, revisite à peu près tout le panthéon de la culture américaine et amérindienne, de Batman à Marylin en passant par Apollo 11, John Wayne ou Alien. Loin du noir et blanc presque rêche de son Bus, l'ancien assistant de Wallace Wood déploie ici un psychédélisme surréaliste et surtout sans limites, capable de mixer dans une même planche les influences du LSD, de Moebius, de Sergio Leone et de Salvatore Dali. Éminemment subversif dans l'Amérique des seventies, un peu moins dans le monde globalisé de 2020, mais n'empêche, quelle inventivité!