Dominique Tarlé débarque à Nellcôte, " avec ses deux Nikon et une brosse à dents", un jour d'avril 1971. " J'étais venu pour prendre des photos de Keith Richards. En fin de journée, je m'apprêtais à partir quand il m'a dit "Ta chambre est prête" . Je suis resté 6 mois." Jusqu'en octobre, Tarlé, 24 ans, va vivre avec Keith et les autres. Le jeune Français a commencé à prendre des photos en 1964 à l'...

Dominique Tarlé débarque à Nellcôte, " avec ses deux Nikon et une brosse à dents", un jour d'avril 1971. " J'étais venu pour prendre des photos de Keith Richards. En fin de journée, je m'apprêtais à partir quand il m'a dit "Ta chambre est prête" . Je suis resté 6 mois." Jusqu'en octobre, Tarlé, 24 ans, va vivre avec Keith et les autres. Le jeune Français a commencé à prendre des photos en 1964 à l'Olympia, en amateur averti. Il part à Londres en juillet 1968 -où il reste une année et demi- et saisit la scène bouillonnante du moment, notamment au Rock'n'Roll Circus, légendaire émission TV montée par les Stones en décembre 68 et qui ne sortira que 28 ans plus tard (en DVD, en 2004). " C'est John Lennon et Yoko qui m'y ont fait entrer." A Nellcôte, Tarlé photographie d'abord " des vacances de familles anglaises. Tous les matins, je partais avec Keith et son fils Marlon dans la Jaguar Cabriolet, manger une glace ou faire une visite au zoo. Et puis, en juin, le Rolling Stone Mobile est arrivé et les Stones se sont mis au travail, toutes les nuits". Tarlé se fond dans le décor: " patient, discret, contemplatif", il peut attendre 24 heures avant de déclencher. " J'étais nourri, habillé et logé, les Stones payaient mes films." Dans un climat de confiance totale, il circule dans l'énorme maison et ne voit pas tellement de drogues: " des joints, du rosé à midi, même si à un moment la villa de Keith étant entre Marseille et la Corse... (sic) Ce qui m'intéressait, c'était de voir comment les Stones surmontaient cette folie du succès. " En octobre, Tarlé remonte enfin à Paris et fait développer les dizaines de films shootés. Il revient tout livrer au groupe, " y compris les négatifs" et n'en entend plus parler jusqu'au moment où, quelques mois plus tard, il récupère tout " sauf 6 négatifs". A l'époque, ses images seront peu publiées mais en 2001, il sort Exile, bouquin de ces années-là tiré à 2000 exemplaires, devenu collector introuvable. Et puis, le nouveau doc Stones In Exile utilise pas moins de 138 de ses photos: " J'ai travaillé plusieurs mois avec Mick, il habite Paris" et, pour la seconde fois seulement, Tarlé expose actuellement ses documents en France. A La Galerie de l'Instant, à Paris, jusqu'en juillet. l u www.lagaleriedelinstant.com Ph.C.