Avec Dalcan -citoyen français né à Beyrouth en 1966-, on glisse régulièrement sur la question d'identité, y compris musicale. Et c'est tant mieux. " Précurseur de l'électropop Made In France", ce quinqua au visage d'aimable vampire aurait logiquement dû décrocher des lauriers pour sa production pr...

Avec Dalcan -citoyen français né à Beyrouth en 1966-, on glisse régulièrement sur la question d'identité, y compris musicale. Et c'est tant mieux. " Précurseur de l'électropop Made In France", ce quinqua au visage d'aimable vampire aurait logiquement dû décrocher des lauriers pour sa production pré-French Touch, annonçant d'une certaine manière dès son premier disque en 1992 le futur triomphe de la génération Air/Daft Punk. Récompensé début 2018 d'une Victoire de la Musique du Meilleur album électronique pour le premier volume de son projet Tempérance, Dalcan somme ses chansons de puiser dans une émotivité au-delà des sequencers. Au pays du texte francophone roi, il s'est mis en tête de faire de la pop en anglais avec une volonté hybride: l'esthétique y est à la fois vintage façon années 80 tout en embrassant pleinement la sphère contemporaine. Ce rare écart de marché est gommé par la facilité dalcanienne -si pas lacanienne...- consistant à enrober sa musique d'empathie, de mystère, de profondeur et d'hypnose consentie. Donc, la plupart du temps, les morceaux gondolent comme s'ils avaient toujours existé sur le même fleuve existentiel: Into the Woods, Mountaintop ou encore Surabaya et ses couleurs balinaises viennent chercher ce qui est de bien en vous. Comme un improbable miroir qui exige de se laisser aller, y compris dans le quasi-bizarre proche de l'ancien Brian Eno ( Women Running Down the Hill). Et le docteur Dalcan s'occupe du reste.