Djamilia est le titre d'un classique de la littérature kirghize et le nom de son héroïne, une jeune femme emmenée et mariée de force qui finit par s'enfuir avec le frère cadet de son époux parti à la guerre. Soixante ans tout...

Djamilia est le titre d'un classique de la littérature kirghize et le nom de son héroïne, une jeune femme emmenée et mariée de force qui finit par s'enfuir avec le frère cadet de son époux parti à la guerre. Soixante ans tout juste après la publication de ce roman de Tchinghiz Aïtmatov, Aminatou Echard s'en est allée avec sa caméra Super 8 au Kirghizistan (une démocratie depuis l'effondrement de l'URSS) pour confronter la courageuse rebelle au regard des femmes d'aujourd'hui. En gros plan, sur des images qui ressemblent parfois à des peintures, vieilles dames et jeunes filles racontent leur rapport à ce roman qui leur a souvent fait découvrir le sentiment amoureux. Tandis que des extraits du livre défilent dans la lucarne, prof de russe, laborantine et enseignante confient l'histoire de leur enlèvement et expliquent parfois avoir tout quitté pour s'enfuir quand elles le trouvaient nécessaire. Elles évoquent le poids de la famille et cette vie rêvée dans laquelle le patriarcat ne les atteindrait pas. Un zoom lent, longuet et impressionniste sur une certaine condition féminine.