"Riding with the Ghost"

Le 16 mars 2013, le singer-songwriter américain de 39 ans Jason Molina s'éteignait à Indianapolis suite à des problèmes de santé causés par sa consommation frénétique d'alcool. Dix ans qu'il picolait trop abondamment, deux années qu'il enchaînait les cures. L'homme était par-dessus le marché complètement fauché. Sa famille avait d'ailleurs lancé un appel aux dons pour payer ses...

Le 16 mars 2013, le singer-songwriter américain de 39 ans Jason Molina s'éteignait à Indianapolis suite à des problèmes de santé causés par sa consommation frénétique d'alcool. Dix ans qu'il picolait trop abondamment, deux années qu'il enchaînait les cures. L'homme était par-dessus le marché complètement fauché. Sa famille avait d'ailleurs lancé un appel aux dons pour payer ses frais médicaux. Disque inattendu, Riding with the Ghost est l'hommage rendu par douze groupes belges et français au bonhomme et à son groupe qui n'en fut pas toujours un, Songs: Ohia. Le Belge Stéphane Martin, qui organise depuis 2004 le P'tit Faystival dans les Ardennes, a eu l'idée de ce projet un peu fou en lisant une interview de Pascal Bouaziz (Mendelson) dans les Inrocks. Bouaziz y parlait de sa fixette pour l'album Ghost Tropic. "Un chef-d'oeuvre au même titre qu'Astral Weeks et What's Going On", disait-il. Quelques mails plus tard et le tribute était lancé. V.O. (Not Just a Ghost's Heart), June Moan (John Henry Split My Heart), H-Burns (Hold On Magnolia)... Masterisé par Harris Newman (Vic Chesnutt et autres esthètes du label Constellation), Riding with the Ghost (une biographie du même nom est sortie le 15 mai dernier) rend hommage à Molina en douze remarquables reprises de Songs: Ohia. Tandis qu'Ignatz, un peu à la Amen Dunes, magnifie I've Been Riding with the Ghost dans un intimisme décharné, Molina se décline aussi très bien traduit en français. Comme l'attestent les relectures de Michel Cloup Duo et de Mendelson. Il y a quelques jours, le label historique de l'Américain, Secretly Canadian, sortait The Black Sabbath Covers et témoignait de l'intérêt que suscitait le heavy metal chez son défunt poulain. Une troisième bonne raison de célébrer un artiste culte qui mérite de dépasser le cercle des initiés. J.B.