"The Complicated Art of Dreaming"

Quand le virus se sera fait dégager proprement, que la chape de plomb qu'il aura imposée pourra être levée et que les portes du club rouvriront enfin, alors on sait déjà sur quelle musique on voudra danser. Rien que par son titre, Keep Them Closer fait la nique au concept de distanciation sociale. Son irrésistib...

Quand le virus se sera fait dégager proprement, que la chape de plomb qu'il aura imposée pourra être levée et que les portes du club rouvriront enfin, alors on sait déjà sur quelle musique on voudra danser. Rien que par son titre, Keep Them Closer fait la nique au concept de distanciation sociale. Son irrésistible appel à faire suer les corps sur la piste fera le reste. Le morceau ouvre le nouvel EP de Diego Cortez Salas, aka DC Salas, son deuxième en trois mois. Début mars, le producteur/DJ bruxellois avait déjà sorti le solide RR003 sur River Rapid, le label de l'Écossaise Eclair Fifi. Il enchaîne avec The Complicated Art of Dreaming, cette fois pour le compte de l'enseigne Live At Robert Johnson, référence s'il en est du clubbing made in Germany. Sur la pochette, très classe, le sofa design fait volontiers penser à celui sur lequel le psy vous demanderait de vous confesser -logique pour un producteur qui a toujours envisagé la musique comme un exutoire, n'oubliant jamais de glisser un twist sentimental et personnel, y compris dans ses sorties les plus physiques ou les plus obliques. En l'occurrence, The Complicated Art of Dreaming n'a rien de la rêverie ambient que pourrait éventuellement suggérer son intitulé. Creusant ses obsessions house (acid même, comme sur la montée de Guessing), jouant avec les références maison (la new beat!), DC Salas régale en ne quittant quasi jamais des yeux la piste, mettant tout le monde d'accord en quatre titres euphorisants (le crescendo de Trustful). Dansez local!