"Second Line: An Electro Revival"

Née à La Nouvelle-Orléans en 1983, Dawn Richard a dû quitter la ville avec toute sa famille après que l'ouragan Katrina a englouti son quartier en 2005. Elle n'y reviendra que dix ans plus tard, plus accrochée que jamais à la métropole créole. C'est d'ailleurs encore elle qui est au centre de ce sixième album solo, jusqu'à son titre désignant le cortège ...

Née à La Nouvelle-Orléans en 1983, Dawn Richard a dû quitter la ville avec toute sa famille après que l'ouragan Katrina a englouti son quartier en 2005. Elle n'y reviendra que dix ans plus tard, plus accrochée que jamais à la métropole créole. C'est d'ailleurs encore elle qui est au centre de ce sixième album solo, jusqu'à son titre désignant le cortège des danseurs suivant les fanfares traditionnelles. En début de disque, la mère de Dawn Richard précise: " La second line est une danse où tout le monde est joyeux, et bouge comme il le sent. Ils n'ont pas nécessairement de pas à suivre. Ils se laissent juste aller." Une définition qui convient également bien à la démarche musicale de Richard: libre et sans barrière, fonctionnant à l'instinct plus qu'au calcul. Certes, la chanteuse n'a pas toujours été aussi émancipée: repérée sur un télé-crochet diffusé par MTV, elle a d'abord rejoint le label Bad Boy, de P. Diddy, pour intégrer le girls group Danity Kane. Depuis qu'elle a filé en solo, Dawn Richard cultive férocement son indépendance. Signée aujourd'hui sur Merge (enseigne indie-rock par laquelle sont passés entre autres Arcade Fire et Lambchop), elle poursuit ses explorations musicales. Déguisée en androïde, Richard flirte du côté des musiques électroniques, ramenant la house dans le r'n'b ( Nostalgia, Bussifame), le footwork dans le funk et la bounce ( Pressure). Puisque, comme elle le rappelle, les racines sont les mêmes. Parfois décousu, Second Line évite néanmoins l'exercice de style, sincère dans ses inclinations, loin des clichés -jusqu'à citer par exemple la Sonate au clair de lune de Beethoven, joué au piano par son père, sur Le Petit Morte (sic). "I don't need a genre" , clame Dawn Richard. " Fuck it, I am the genre" ...