Photographe américain né dans le Massachusetts (Lowell, 1964), David Hilliard documente sa vie -et celle des autres- à la façon d'un carnet intime. Cette approche, Hilliard la déploie depuis près de 25 ans. Techniquement, il est fasciné par la vision panoramique, un genre ...

Photographe américain né dans le Massachusetts (Lowell, 1964), David Hilliard documente sa vie -et celle des autres- à la façon d'un carnet intime. Cette approche, Hilliard la déploie depuis près de 25 ans. Techniquement, il est fasciné par la vision panoramique, un genre que son père explorait déjà dans les années 50. Autre temps, autres moeurs, le vieux s'acquittait de la tâche avec... du papier collant. Cette grammaire formelle lo-fi a fortement imprégné l'imaginaire du fils, qui donne à voir ses prises de vue sous forme de panneaux épiques -diptyque, triptyque, quadriptyque- dont chaque pan fait valoir une focale ou un angle différents. Envie d'en (sa)voir plus? Le site de l'intéressé en a dans le ventre. À chaque visite, celui-ci s'ouvre sur une image plein écran, ce qui donne irrésistiblement envie d'aller plus loin. Bonne nouvelle: les pages ne radinent pas, elles retracent toute l'aventure depuis 1993 à aujourd'hui. Les séquences qui défilent sous la souris donnent l'impression d'un film au ralenti. On voyage à travers les États-Unis avec l'envie que cela ne s'arrête jamais -à cet égard, les albums de The War on Drugs en constituent un excellent viatique. De nombreux thèmes y sont traités avec intensité: la vieillesse, la jeunesse, la nudité, la solitude, la mer... Il faut un coeur de pierre pour en sortir indemne.