Richard Hofmeier plane comme un drôle d'oiseau dans la communauté du jeu vidéo indépendant. À la surprise générale, ce graphiste de formation survolait l'Indie Game Festival (IGF) de San Francisco en 2013 avec Cart Life. Sociale et engagée, cette simulation de vendeurs de rue aux USA raflait ainsi la mise face à des hits indé comme Hotline Miami, Kentucky Route Zero et Faster Than Light. Laissé pour mort, le créateur touche-à-tout, qui a notamment réalisé des pochettes d'albums et des illustrations de livres pour enfants, refaisait surface le mois dernier, via un simple tweet. Soit un rappel de l'existence de Type D...

Richard Hofmeier plane comme un drôle d'oiseau dans la communauté du jeu vidéo indépendant. À la surprise générale, ce graphiste de formation survolait l'Indie Game Festival (IGF) de San Francisco en 2013 avec Cart Life. Sociale et engagée, cette simulation de vendeurs de rue aux USA raflait ainsi la mise face à des hits indé comme Hotline Miami, Kentucky Route Zero et Faster Than Light. Laissé pour mort, le créateur touche-à-tout, qui a notamment réalisé des pochettes d'albums et des illustrations de livres pour enfants, refaisait surface le mois dernier, via un simple tweet. Soit un rappel de l'existence de Type Dreams, un typing game victorien imparfait mais très attachant. On avait laissé Richard Hofmeier au Moscone Center de San Francisco il y a sept ans, avec un grand sourire aux lèvres. Modeste, amer et hors cadre, le jeune trentenaire nous avouait alors détester l'idée de gérer son argent personnel. Un comble! Cart Life détournait en effet les codes des jeux de gestion et de simulation pour demander de faire prospérer trois vendeurs de rue. Se jouant comme un point & click, le titre en noir et blanc exigeait aussi de gérer vie familiale et sociale de ces marchands de journaux et de café. Avec de nombreux ratés, socialement conscients. Le créateur farfelu a entre-temps offert à une oeuvre caritative une large part des 38 000 dollars raflés à l'IGF grâce à Cart Life. Par conviction, ce dernier l'a ensuite retiré des rayons virtuels de Steam en 2014 pour le publier gratuitement en open source. Originaire de Missoula dans le Montana (sur l'I-90 reliant Boston et Seattle), Hofmeier n'écoute donc que sa conscience. Ce dernier a d'ailleurs lutté plusieurs saisons de suite contre des feux de forêt aux côtés de son frère. Le pompier volontaire qui semble tout droit sorti d'un bouquin de Kerouac a finalement été menacé d'expulsion de son appartement l'an dernier. De quoi le pousser à sortir à la hâte Type Dreams gratuitement sur le Web... dans l'espoir de recueillir des dons. Type Dreams s'avère une déclaration d'amour aux machines à écrire des deux siècles précédents et enchaîne des séquences de frappe d'une poignée de minutes. Nombre d'erreurs, mots par minute... Le bilan plus ou moins positif de chaque session de frappe débloque des nouveaux textes. Pas de quoi, hélas, s'emballer. Se frottant contre les meilleurs dactylos de l'Histoire, le jeu a toutefois la bonne idée d'émuler des claviers d'époques différentes. Inutile d'espérer utiliser la touche " Delete" sur une Remington antique. Sur ce même modèle, il faudra glisser son doigt de droite à gauche sur les touches de fonction du clavier pour aller à la ligne. Mélange iconoclaste d'extraits de classiques littéraires et autres poèmes bizarres (tous en anglais), Type Dreams ne se hisse pas au niveau ludique de titres comme Nanotale-Typing Chronicles ou Typing of the Dead. Mais il tire un trait d'union fascinant et marquant entre les claviers d'antan et les azerty actuels.