"Shadow Plays"

Apparu il y a déjà 20 ans au-devant de la scène américaine du piano jazz mais aussi de l'avant-garde la plus débridée, Craig Taborn s'impose désormais comme l'un des pianistes majeurs de l'époque, mais pas...

Apparu il y a déjà 20 ans au-devant de la scène américaine du piano jazz mais aussi de l'avant-garde la plus débridée, Craig Taborn s'impose désormais comme l'un des pianistes majeurs de l'époque, mais pas seulement. Enregistré en live à Vienne dans la salle du Konzerthaus (une salle qui, malgré la présence du public, fonctionne comme un gigantesque studio) où il nous offre, à travers Shadow Plays, un récital solitaire et spontané construit avec une science assez soufflante qui le voit jongler en toute maîtrise entre une approche souvent répétitive (les motifs propres à chaque titre où il frôle souvent le silence), tout en restant totalement ouvert sur l'improvisation libre -du moins dans la conception qui est la sienne. C'est ce qui vient à l'esprit après l'avoir écouté dans la continuité d'une prestation spontanée qui, pour autant, ne laisse rien au hasard. Libre et savant, Craig Taborn est son propre maître car, s'il doit quelque chose à quelqu'un, c'est désormais à lui-même et personne d'autre.