Le jeu vidéo ancre ses racines dans la guerre. William Higinbotham, un de ses pionniers ( Tennis for Two, 1958), a ainsi travaillé comme physicien sur la bombe atomique. Des proto-expériences ludiques comme Spacewar! (du MIT, 1962) alignaient des conflits armés et la bravoure militaire reste un sujet gaming fétiche, un demi-siècle plus tard. Depuis peu, un nombre croissant de jeux commerciaux comme This War of Mine ou Spec Ops: The Line tournent heureusement le dos à cette glorification en treillis. Se vivant sourire aux lèvres comme un Top Gun (le film) sous amphétamines, Ace Combat 7: Skies Unknown vole donc comme un plaisir ...

Le jeu vidéo ancre ses racines dans la guerre. William Higinbotham, un de ses pionniers ( Tennis for Two, 1958), a ainsi travaillé comme physicien sur la bombe atomique. Des proto-expériences ludiques comme Spacewar! (du MIT, 1962) alignaient des conflits armés et la bravoure militaire reste un sujet gaming fétiche, un demi-siècle plus tard. Depuis peu, un nombre croissant de jeux commerciaux comme This War of Mine ou Spec Ops: The Line tournent heureusement le dos à cette glorification en treillis. Se vivant sourire aux lèvres comme un Top Gun (le film) sous amphétamines, Ace Combat 7: Skies Unknown vole donc comme un plaisir coupable. L'obsession japonaise de la perfection s'illustre à merveille dans l'art de la maquette que cultive l'archipel. À l'image des bolides ultra détaillés de la saga des Gran Turismo, les avions de chasse d' Ace Combat 7 fourmillent donc de détails. Ce travail graphique méticuleux contamine la météo dynamique du jeu. Les masses de nuages furieusement réalistes servent ainsi de refuge pour semer des missiles à tête chercheuse. Plus loin, des orages violets brouillent parfois l'électronique embarquée et font chuter l'avion de plusieurs centaines de mètres. Ou comment marier esthétique et ressorts ludiques... Facile à prendre en mains mais délicat à maîtriser, le titre entre arcade et simulation centre son pitch autour d'une pilote injustement accusée de trahison. L'héroïne, plongée en pleine guerre entre deux nations fictives, y aligne les missions dans un escadron pénal multipliant les missions suicides. Ce scénario d'anticipation file sans décrocher, mais s'efface vite derrière la dopamine injectée par les missions -veinées de rebondissement- in game. En dogfight, canarder l'arrière train d'un chasseur s'accompagne souvent d'un bip d'alerte signalant un missile adverse, se rapprochant crescendo. S'arrêter à temps pour placer une manoeuvre d'esquive est vital. Le missile siffle, alors, aux oreilles. On fend sa traînée de fumée. Jouer aux héros en risquant la mort ou miser sur la sécurité? Face à des missions aux chronos très serrés, des choix cornéliens habitent ce trip aérien. Mitrailler jusqu'à la dernière seconde, en piqué, un réservoir de kérosène. Puis redresser in extremis, avant le crash et enfin traverser sa boule de feu. Les scènes d'anthologie s'enfilent. Parcours d'esquive entre des cercles radar (avec des chemins plus courts mais plus dangereux), escorte d'hélicoptère présidentiel, scoring de dégâts en moins de quinze minutes... Ace Combat 7 varie avec panache ses missions. Sa prise en main très simple cache toutefois des niveaux hardcore obligeant à retenir le moindre détail topographique, à force de game over. Son incroyable garage d'avion (et de pièces détachées), sa poignée de missions VR palpitantes et ses combats en ligne le hissent sans peine parmi les indispensable de ce début d'année. Un pur moment de bonheur que ce voyage banalisant la guerre et gommant de l'écran ses centaines de morts. Le paradoxe type du jeu vidéo contemporain.