À Amsterdam au printemps 2017, en promo de son second album solo Waiting on a Song, Dan Auerbach parlait d'emblée de sa base opérationnelle, Nashville, Tennessee. Et du studio qu'il avait construit dans cette ville où il résidait désormais en famille. Une localité d'allure seconde division, entre idiomes country et southern soul. La ville US ressemble à pas grand-chose mais transcende le mythe ricain avec le Grand Ole Opry, salle où ont défilé toutes les inévitable bornes, genre Hank Williams, Elvis et Johnny Cash. Sans...

À Amsterdam au printemps 2017, en promo de son second album solo Waiting on a Song, Dan Auerbach parlait d'emblée de sa base opérationnelle, Nashville, Tennessee. Et du studio qu'il avait construit dans cette ville où il résidait désormais en famille. Une localité d'allure seconde division, entre idiomes country et southern soul. La ville US ressemble à pas grand-chose mais transcende le mythe ricain avec le Grand Ole Opry, salle où ont défilé toutes les inévitable bornes, genre Hank Williams, Elvis et Johnny Cash. Sans compter les studios RCA, où Presley concoctait son retour discographique de la fin sixties. Dan expliquait son attirance pour l'endroit et ses nombreux accomplissements musicaux: " Oui, comme Son of a Preacher Man de Dusty Springfield, Crazy de Patsy Cline, Pretty Woman de Roy Orbison, Suspicious Minds ou In the Ghetto d'Elvis. Cette ville respire de fantastiques disques country mais aussi de pop et de gospel ou du Lay, Lady, Lay de Dylan sur Nashville Skyline ." Pourquoi ce bout de bio? Parce que Dan imprègne à fond tout ce qu'il fait désormais, et évidemment ce bel album avec Aaron Frazer, jeune mec de Brooklyn qui a été batteur avant de s'upgrader en chanteur. Plutôt impressionnant puisque sa voix haut perchée dans l'arborescence soul rappelle à la fois le Michael Jackson ado, le Marvin Gaye éternellement jouisseur et, last but not least, l'Otis Redding intemporel. Pas mal comme CV. Il faut sans doute prendre ce premier album comme un divertissement haute couture, joint-venture d'un producteur immergé dans l'intemporalité américaine et l'apport d'un jeune surdoué. Batteur chez Durand Jones & The Indications, Aaron Frazer délaisse ici la baguette métrique pour se baigner dans les eaux vocales Motown/Stax, avec son falsetto acrobatique. Cela fait un peu penser à l'épisode Terence Trent d'Arby fin des années 80: le mec qui arrive de nulle part et impose un plaisir immédiat dans le vaste domaine labouré de la soul-music. Si on est parfois dans la vocalise franchement copycat, comme Leanin' on Your Everlasting Love -tellement Michael- et puis tous ces arrangements cuivrés qui pimpent la chanson façon sixties, deux-trois titres ouvrent une autre porte non-rétro. C'est le cas de Love Is, ballade fantomatique, ou Girls on the Phone, soutenu par des armées d'instrus et de choeurs, s'inscrivant dans le 2.1. Une impression? Faut que Dan et Aaron amènent maintenant davantage le contemporain, l'actu, le son giclant des manifestes talents ici réunis. Voilà le début plutôt que la fin d'une histoire, de toute évidence.