Brave Men's Blood
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Brave Men's Blood D'OLAF DE FLEUR JOHANNESSON. AVEC DARRI INGOLFSSON. 1 H 36. 2014. Cracks in Concrete D'UMUT DAG. AVEC MURATHAN MUSLU. 1 H 44. 2014. Stratos DE YANNIS ECONOMIDES. AVEC VANGELIS MOURIKIS. 2 H 17. 2014. 7 Gone DE MATTIAS OLSSON ET HENRIK JP ÅKESSON. AVEC SOFIA LEDARP. 1 H 34. 2011. 6 Rat King DE PETRI KOTWICA. AVEC MAX OVASKA. 1 H 34. 2012. 5 La plateforme de distribution de vidéos à la demande Walk This Way se fend d'une nouvelle sélection de polars et thrillers venus de tous les coins d'Europe et regroupés sous l'intitulé "Men on the Edge". Jamais diffusés au cinéma en Belgique, ces films, disponibles aussi bien sur le local UniversCiné que les géants iTunes, Amazon, Google Play ou Xbox, s'affranchissent avec plus ou moins de réussite des standards américains en matière de cinéma de genre pour s'en réapproprier les nuances, du noir charbon au noir d'encre. Tête de gondole de la collection, l'islandais Brave Men's Blood fait de Reykjavik le cadre inattendu d'un polar efficace et nerveux où un jeune flic qui n'a pas froid aux yeux s'attaque de front, et à la fois, à la mafia serbe y sévissant et à la corruption de sa hiérarchie. Une très bonne surprise, malgré quelques écueils facilement évitables -un flash-back inutile inexplicablement placé au beau milieu du film. Plus proches d'un certain réalisme social, Cracks in Concrete, de l'Autrichien Umut Dag, et Stratos, du Grec Yannis Economides, s'appuient sur des visions profondément pessimistes et désespérées d'un continent à la dérive. Le premier, sans réelle surprise mais intense et puissamment incarné, accompagne un meurtrier repenti à sa sortie de prison. Les fissures dans le béton du titre, ce sont les failles de ce colosse au pied d'argile, individu en crise pris dans la spirale inéluctable de la violence: "Tu peux fuir la rue, mais la rue ne te fuira pas." Un même fatum implacable et destructeur semble peser sur le (anti-)héros du second, assassin dont le sens de l'honneur pourrait bien causer la perte. L'hystérie logorrhéique de certains personnages frise le cabotinage pur et simple, mais tranche aussi idéalement avec la violence froide de son tueur impassible, tandis que le recours répété au surcadrage induit l'idée prégnante d'un enfermement symbolique. Moins singulier, le Gone des Suédois Mattias Olsson et Henrik JP Åkesson rappelle d'abord furieusement le Duel de Spielberg: une femme marquée par une récente tragédie familiale y est harcelée sur la route par le conducteur peu engageant d'un SUV. La suite tient du survival sec, tendu et anxiogène. Prenant, malgré un final résolument tiré par les cheveux. Anecdotique, et même semi-raté, le finlandais Rat King travaille quant à lui la figure d'un double vampirisant à la JF partagerait appartement au gré d'une intrigue inutilement alambiquée noyautée autour d'un nerd accro aux jeux en ligne. Peu crédible et plombé par une proposition esthétique indéfendable -emphase graphique, photo sombre, irréelle et pour tout dire assez moche. HTTP://WALKTHISWAY.CINEUROPA.ORG/ NICOLAS CLÉMENT