Dans les années 80, déjà, reportages et documentaires alertaient le monde sur la réalité monstrueuse des enfants soldats des continents africains, latino-américains et asiatiques. Congo Paradiso nous montre combien cette réalité est toujours d'une cruelle actualité. Au Congo, de...

Dans les années 80, déjà, reportages et documentaires alertaient le monde sur la réalité monstrueuse des enfants soldats des continents africains, latino-américains et asiatiques. Congo Paradiso nous montre combien cette réalité est toujours d'une cruelle actualité. Au Congo, des enfants traumatisés, embrigadés et conditionnés pillent, tuent, violent sous le regard et les vivats de leurs supérieurs. Ils font ça comme des grands, la guerre. Comme des hommes. Ils sont au coeur d'un des plus dramatiques conflits contemporains, un des plus tus aussi. Benjamain Géminel capte avec distance les traces d'innocence qu'il reste à ces gamins qui ont déjà eu tant de raisons de la perdre. Frédérique Lecomte, metteuse en scène belge, déploie pour eux des ateliers où le jeu tente de les extraire de leur condition. Avec des armes en bois, ils y rejouent les atrocités dont ils ont été les acteurs... et le rire déjoue les angoisses, les traumas. La prof les lance dans des impros après avoir fait ce que sans doute personne n'a fait avant elle: les écouter. Longuement. Accueillir leurs histoires et leurs propositions. De la matière brute des souvenirs d'embrigadement, de crimes, du deuil d'êtres aimés émergent des récits de délivrance, une catharsis qui permet à à l'enfance de se débattre pour revenir, progressivement, se réconcilier avec eux.