Spécialiste en droit du travail, l'avocate qui tient lieu de narratrice reçoit ses clients. Ils ont été licenciés, défunts de leur boulot, tous révoltés, résignés, mais persuadés de la justesse de leur combat, eu égard aussi aux honoraires qu'ils s'apprêtent à ...

Spécialiste en droit du travail, l'avocate qui tient lieu de narratrice reçoit ses clients. Ils ont été licenciés, défunts de leur boulot, tous révoltés, résignés, mais persuadés de la justesse de leur combat, eu égard aussi aux honoraires qu'ils s'apprêtent à débourser... Certains cas semblent perdus d'avance et pourtant gagnés, d'autres imparables et pourtant... Ceux qui les portent sont riches ou pauvres, modestes ou arrogants, pugnaces ou abattus. Entre ces séries d'instantanés, vignettes de cabinets, l'avocate dévoile ses impressions cachées par sa robe opaque de docteur de la loi, ses inimitiés et ses empathies, s'épanche sur sa vie de mère célibataire vaguement éprise, de consommatrice anonyme, confie ses doutes et ses craintes vis-à-vis de son grand fils chez qui sourd une violence pas toujours maîtrisée. Au travers de portraits au Polaroid, Cécile Reyboz (elle-même avocate) livre un tableau sans concession de victimes d'une société de plus en plus dure, injuste, gagnée par une inhumanité vorace. Et malgré cela, dans sa description sans apprêt mais précise et imagée d'une réalité âpre, son récit aux allures de documentaire subjectif et noir et blanc prend ça et là les couleurs d'un indéfectible optimisme en la vie et l'Humanité.