Un musée qui s'est choisi "MDR" pour acronyme incite furieusement à ce qu'on le visite. De fait, le déplacement vaut le détour... et pas que pour la rigolade. Le propos entièrement dédié aux arts graphiques bluffe l'amateur éclairé, d'autant que la collection aimante sévère en raison d'un casting en béton. Au programme? Les oeuvres gravées de maîtres tels que Francisco de Goya, Félicien Rops ou Edvard Munc...

Un musée qui s'est choisi "MDR" pour acronyme incite furieusement à ce qu'on le visite. De fait, le déplacement vaut le détour... et pas que pour la rigolade. Le propos entièrement dédié aux arts graphiques bluffe l'amateur éclairé, d'autant que la collection aimante sévère en raison d'un casting en béton. Au programme? Les oeuvres gravées de maîtres tels que Francisco de Goya, Félicien Rops ou Edvard Munch, mais également une quinzaine d'artistes belges tels que Rik Wouters, Henri Evenepoel ou le foisonnant Fred Bervoets. Pas suffisant pour bouger son petit derrière? Jusque fin février, ce lieu de culture anversois récent fait également place à une percutante expo temporaire. Celle-ci donne à voir le travail, parfaitement mis en scène, de Chun Kwang Young (1944), plasticien coréen remarquable dont les oeuvres initient un dialogue autour du papier, matériau central du musée. Ses séries marquées par l'accumulation ont frappé les pupilles de tous ceux qui ont eu la chance de les voir à la Fondation Boghossian, où elles ont été exposées pendant les beaux jours de l'année écoulée. Après avoir débuté sa carrière comme peintre, Chun Kwang Young a délaissé les toiles pour explorer un autre champ d'expérimentations formelles: la sculpture de papier. Au fil du temps, il n'a eu de cesse de la complexifier et de lui faire aborder d'autres échelles. Au coeur de la pratique de Chun, on trouve le "hanji", un papier traditionnel d'emballage à base d'écorce de mûrier que le Pays du Matin Calme travaille depuis le IXe siècle. C'est la forme triangulaire de ces paquets de "hanji" qui détermine la grammaire formelle de l'intéressé. Pour ce faire, l'artiste les remplit de polystyrène et procède par "Aggregations" -c'est ainsi qu'il nomme ces géométries-agrégations aux contours imaginaires. Avec des milliers de petits paquets de papier, le Coréen construit des reliefs au mur et des sculptures que l'on ne se lasse pas de contempler.