Long métrage remarqué à la Semaine de la critique cannoise il y a deux ans et passé par le festival Anima, Chris the Swiss est disponible en exclusivité sur Mubi, excellente plateforme à l'orientation très auteuriste, jusqu'au 20 décembre prochain. Entre documentaire en prise de vues réelles et animation ...

Long métrage remarqué à la Semaine de la critique cannoise il y a deux ans et passé par le festival Anima, Chris the Swiss est disponible en exclusivité sur Mubi, excellente plateforme à l'orientation très auteuriste, jusqu'au 20 décembre prochain. Entre documentaire en prise de vues réelles et animation en noir et blanc permettant de montrer l'immontrable, le supposé ou le reconstitué, le film voit la réalisatrice helvète Anja Kofmel tenter de dénouer le fil d'une mystérieuse histoire familiale qui la hante depuis l'enfance: celle de son cousin Christian, disparu au début des années 90 en plein conflit yougoslave. Simple journaliste? Volontaire étranger? Agent secret? Dangereux mercenaire? Difficile de savoir qui était exactement le cousin Chris juste avant de mourir assassiné par étranglement. " Dans une guerre, on ne choisit pas entre le bien et le mal, on choisit entre le mal et le pire", souligne l'un des intervenants. Et la réalisatrice, en effet, d'accepter peu à peu de voir où la mène la trame du scénario du pire. Parfois un peu naïf et un peu vert dans son approche (cette fâcheuse tendance qu'a la jeune cinéaste à se mettre elle-même en scène), le film touche à quelque chose de fort quand sa forme se fait la plus libre, son hybridité audacieuse venant ponctuellement gratter quelque chose de l'ordre de l'inconscient. Un objet étonnant, qui tient autant du journal intime, ou du carnet de voyage, que de l'enquête policière, ou du grand livre d'Histoire.