"Circuits"

Passé le (court) titre d'ouverture où Potter, grâce à un habile mixage, joue de tous les instruments qu'il va utiliser (saxophones ténor et soprano, clarinette et clarinette basse) dans un album auquel il sert de préface, Circuits po...

Passé le (court) titre d'ouverture où Potter, grâce à un habile mixage, joue de tous les instruments qu'il va utiliser (saxophones ténor et soprano, clarinette et clarinette basse) dans un album auquel il sert de préface, Circuits possède une santé musicale roborative qui emporte tout sur son passage et s'offre pour ce qu'il est: du hard bop électrique traversé d'une touche de jazz-rock assumée. Tout le mérite en revient à son leader et compositeur qui retrouve, avec cet opus, l'élan et la fraîcheur (le talent, lui, n'a jamais manqué) des années 90, lorsqu'il débuta au sein du combo de Paul Motian, ou, encore, dans celui de Dave Holland où il joua lors de la décennie suivante. Sans égaler Vertigo (1998) sommet à ce jour de sa discographie, le premier disque de Potter publié par Edition Records le trouve à la tête d'un trio formé du batteur Eric Harland et du jeune claviériste James Francies qui en est l'autre voix créatrice. Rejoint sur la moitié des titres par le bassiste Linley Marthe, Chris Potter nous offre ici un album exubérant qui tranche singulièrement avec les productions aseptisées de ses récentes années ECM.