Attention: il s'agit de retrouvailles, soit exactement le genre de petites noces visuelles que les amateurs d'expression libre auraient tort de bouder. Les "re-trouvailles" en question sont de celles que l'on affectionne. Une artiste suit son cours, qui plus est pas trop balisé, et revient dans un lieu où elle s'est produite par le passé, où son travail a fait sens une première fois. Cett...

Attention: il s'agit de retrouvailles, soit exactement le genre de petites noces visuelles que les amateurs d'expression libre auraient tort de bouder. Les "re-trouvailles" en question sont de celles que l'on affectionne. Une artiste suit son cours, qui plus est pas trop balisé, et revient dans un lieu où elle s'est produite par le passé, où son travail a fait sens une première fois. Cette sorte de superposition par-delà le temps et l'espace est un moment précieux pour s'étonner du chemin parcouru, de la liberté créatrice en mouvement. Ce retour sur soi, à soi, est toujours l'occasion d'un émerveillement, d'une émotion. Dix ans après avoir été exposée à la galerie DYS, Charlotte Marchand y secoue les cimaises avec davantage d'intensité. Bien sûr, de l'eau a coulé sous les ponts tout autant que de l'encre s'est efforcée de raconter les méandres d'un travail personnel puissant et jubilatoire. Le style s'est affirmé, le vide et le plein s'agencent désormais à la perfection. Peintures et dessins -tant pis pour les nostalgiques qui pensent que tout ce que l'on gagne on le perd- affichent des contours plus solides, une certaine nécessité, a-t-on envie d'écrire. Si une dose de spontanéité s'en est allée sur la pointe des pieds, elle est amplement compensée par des structurations imparables, qu'elles portent ou non le deuil de la géométrie. Tout se passe comme si la composition était la grande affaire du travail de Marchand. Avec cette nouvelle série d'oeuvres, elle éclate au grand jour. Des lignes traversent le cadre, lui donnant son sens et ses horizons. Du coup, les " jubilations de couleurs" -l'expression est signée Justine Jacquemin- ne semblent jamais gratuites. Plus que de couleurs, on a envie de parler de fulgurances chromatiques qui médusent. Elles magnétisent et dessinent un territoire qui se tient entre figuration et abstraction.