De Sarah Lowie, on ne risque pas d'oublier Sixmille, une série d'images données à voir dans le cadre de Contretype, le lieu d'exposition bruxellois. Sixmille, comme un écho au film 8 Mile, comme "6000", le "sulfureux" code postal de Charleroi. Une année durant, l'oeil suivait le quotidien d'un groupe de rappeurs carolos, le Madil City Gang. Galères, alcool, sexe, jours sans pain, black power... On kiffait cet...

De Sarah Lowie, on ne risque pas d'oublier Sixmille, une série d'images données à voir dans le cadre de Contretype, le lieu d'exposition bruxellois. Sixmille, comme un écho au film 8 Mile, comme "6000", le "sulfureux" code postal de Charleroi. Une année durant, l'oeil suivait le quotidien d'un groupe de rappeurs carolos, le Madil City Gang. Galères, alcool, sexe, jours sans pain, black power... On kiffait cette immersion au coeur de cette bande qui ne transigeait pas sur sa ligne de conduite façon "vida loca". Elle leur allait bien: les protagonistes évoluaient dans les marges avec la grâce des anges déchus. Après les cimaises de la Cité Fontainas, la photographe reçoit désormais les honneurs de la Centrale.box, espace sans fenêtre qui, si l'on en croit l'intéressée, se prête bien à ce nouveau pan de son travail dans la mesure où c'est bien d'un huis clos dont il est question. À la matière brute des débuts, abordée sans recul, a succédé une approche plus chiadée mêlant mise en scène et post-production. Sarah Lowie définit Chaque jour, je suis avec toi de la sorte: " C'est la suite de l'histoire dépeinte dans Sixmille et c'est la suite d'un travail qui évolue, avec un style ou plutôt une technique différente, un point de vue différent." De fait, les images déroulent une intimité -brutale et sensuelle- que l'on n'attendait pas. Lowie, qui s'expose avec pas mal de cran, nous plonge la tête dans le bain de sa relation avec l'un des membres du collectif évoqué plus haut. La rencontre est tout sauf anodine: " C'était une expérience tellement intense, tellement loin de tout ce que je connaissais, de tous mes principes, de tout ce que j'avais connu pendant 20 ans." Pour accompagner les prises de vue de ce récit personnel, plus de textes comme c'était le cas auparavant mais des dessins. Le tout, beau et impudique, convoque des figures tutélaires telles qu'Antoine d'Agata, Anders Petersen ou, plus poétiquement, Rinko Kawauchi.