César, né Baldaccini, a vu le jour au coeur des quartiers populaires de Marseille. Est-ce son enfance modeste qui a entraîné le jeune homme à rendre leur noblesse aux déchets? Sa volonté toute instinctive à ouvrir un nouveau chapitre de la sculpture à partir du matériau métallique ...

César, né Baldaccini, a vu le jour au coeur des quartiers populaires de Marseille. Est-ce son enfance modeste qui a entraîné le jeune homme à rendre leur noblesse aux déchets? Sa volonté toute instinctive à ouvrir un nouveau chapitre de la sculpture à partir du matériau métallique le plus brut tend à le démontrer. Le choc esthétique du fer hydrauliquement compressé marquera une rupture radicale. Il délègue désormais l'acte créateur à la machine. Comme un équivalent du Pop Art américain, il transforme la réalité du quotidien en oeuvre d'art. De cette poésie du recyclage, d'une symbolique aussi simple que violente, il explorera chaque recoin, alors qu'il s'expose autant à l'adulation qu'à l'incompréhension. Cette audace embrasera autant les compressions que les expansions ou son travail sur l'échelle des empreintes humaines. Vingt ans après sa disparition, ses proches et quelques experts voués à sa cause illumineront d'un oeil émerveillé le parcours du bonhomme, à qui des archives gouailleuses permettront de développer et justifier l'oeuvre pléthorique. Alors que l'exposition qui lui est consacrée se tiendra au Centre Pompidou de décembre à mars, voici l'occasion de rendre à César ce qui lui revient de bon droit: son art polymorphe, toujours en porte-à-faux entre rupture et tradition, a majestueusement reflété les défis industriels et sociaux de son temps.