"Western Stars"

La première écoute est déconcertante. On a pourtant en tête le pitch du boss sur son 19e album: un hommage avoué aux années 60-70 de Glen Campbell ou Burt Bacharach, de l'americana roots porté par un grand orchestre. Large, celui de Western Stars l'est d'une trentaine d'instrumentistes et choristes qui entour...

La première écoute est déconcertante. On a pourtant en tête le pitch du boss sur son 19e album: un hommage avoué aux années 60-70 de Glen Campbell ou Burt Bacharach, de l'americana roots porté par un grand orchestre. Large, celui de Western Stars l'est d'une trentaine d'instrumentistes et choristes qui entourent un Springsteen démultiplié, jouant même du mellotron. Ce n'est certes pas la première fois que le quasi septuagénaire -le 23 septembre- appelle l'infanterie de cordes et de cuivres au secours de ses chansons: le climax historique étant le grandiose Jungleland de l'album Born To Run. Mais sur ces treize titres folk-country, il invite une armada qui, initialement, semble plutôt exagérée, voire artificielle, ainsi l'intro de The Wayfaerer. Avec un mix qui met très en avant cet enrobage ( Western Stars, There Goes My Miracle) ou ose du tex-mex symphonique ( Sleepy's Joe Café). En surprenant ou pas le fan, selon sa porosité à l'americana orchestral, Bruce suit néanmoins ses thèmes springsteeniens, cataplasmes empathiques sur tout ce que méprise Trump. Un cousin discographique donc à Nebraska ou The Ghost of Tom Joad, centré sur ceux qui ne vont pas gagner: le cascadeur brisé ( Drive Fast), l'impossibilité de trouver l'apaisement ( Chasin' Wild Horses) ou ce chanteur qui ne dépassera jamais son cercle de potes ( Somewhere North of Nashville). Ce dernier titre étant d'ailleurs le moment où l'album commence à infuser et dissiper la méfiance initiale. On vous racontera un jour la troisième écoute.