Bien que divisé en cinq chapitres, le récit comporte deux parties distinctes. La première pourrait être qualifiée de narcissique, elle est essaimée d'accents belges qui tombent souvent dans le cliché et le déjà vu: le narrateur est un enfant-roi, perturba...

Bien que divisé en cinq chapitres, le récit comporte deux parties distinctes. La première pourrait être qualifiée de narcissique, elle est essaimée d'accents belges qui tombent souvent dans le cliché et le déjà vu: le narrateur est un enfant-roi, perturbateur et couvert par une mère qui lui autorise tous les excès. Puis s'ouvre la deuxième partie, la décennie qui précède la mort de la mère. Et là, le récit s'illumine, la métaphore devient expressive, les images sont à la fois belles et cruelles, les synesthésies permettent d'être au plus près du narrateur, de cette ode à une mère dont la vie se délite, qui "vécut une faillite de 45 ans de vie commune" et ne connut que l'amour pour ce cadet auprès de qui elle sollicite, à la veille de sa mort, "un renversement des rôles". Il deviendra son protecteur, le guide des ravages du corps et de l'esprit. Dans son désarroi, le fils tente de tisser une toile qui retiendrait les bribes d'un amour maternel et il le fait, accompagné d'autres écrivains judicieusement choisis qui ont exécuté "une même partition. Universelle". L'hommage à la mère est bouleversant, d'autant plus poignant que le détail sonne juste: "Il n'y a pas d'absence si persiste le souvenir de l'absence..."