Knack
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Knack ÉDITÉ PAR SONY COMPUTER ENTERTAINMENT EUROPE ET DÉVELOPPÉ PAR SCE JAPAN STUDIO, ÂGE +12, DISPONIBLE SUR PLAYSTATION 4. 5 Bien avant son statut d'architecte de la PlayStation 4, Marc Cerny est surtout l'anti-Miyamoto de Sony. Le développeur qui a participé augame design du génial Sonic the Hedgehog 2 sur Megadrive n'a cessé de répliquer au fun irrépressible des Mario. Deux générations de PlayStation en ont bénéficié. Face à Mario 64 en 1996, l'auteur de Marble Madness brandissait ainsi Crash Bandicoot puis Spyro the Dragon(1). Le premier Jak and Daxter et sa belette sous amphets décochaient également les sourires des fans de platformers sur PlayStation 2. Le fun dans le sang, le créateur californien semblait jongler avec un sujet jubilatoire avec Knack (rien à voir avec le magazine flamand) et son héros polymorphe. Assemblé de blocs attachés les uns aux autres par un champ de force, son protagoniste grandit et rapetisse ainsi en perdant ses éléments flottants au moindre coup encaissé. Cette bonne idée de départ augmente la force de frappe et la taille de la barre de vie du golem dont la source d'énergie inconnue (et antédiluvienne) alimente également la société humaine qu'il protège. En croisade contre des gobelins, le hack & slashn'exploite pas outre mesure cette bonne idée. Ce changement de taille est ainsi mis en avant dans un ressort de revanche aux airs de déjà-vu. Notamment sur le King Kong de Michel Ancel. Après avoir été petit et vulnérable, le gamer grossit ainsi jusqu'à détruire décors et ennemis d'un coup de main. Affichant une barre de vie grossissant de concert avec le gabarit de son personnage, Knack tente pourtant de jouer avec ses évolutions physiques. Et donne automatiquement les organes de son héros pour ouvrir certains portails. Aucune gestion de ce "capital bloc" n'est toutefois exploitée à des fins de puzzle game. Malgré un gameplay paresseux et immobile en dix ans, LEGO Marvel Super Heroes arrive d'ailleurs à un meilleur résultat. Contrairement à Knack, ce dernier ne doit toutefois pas assurer la moitié du line up exclusif de la PlayStation 4. Car aux côtés de Killzone: Shadow Fall (voir page 44), le titre de Japan Studio est la seule vraie nouveauté de la console next gen de Sony. Visuellement, difficile en outre de voir la différence avec une PlayStation 3. Le titre boursouflé de poncifs visuels façon World of Warcraft déroule de façon scolaire des monstres aux attaques de proximité et de distance. Certes, le timing très serré de leur comportement demande des mouvements d'esquive précis et parfois savants. Mais ce tableau traversé d'obstacles et de planques (vitales face à des lasers à éviter) joue une partition connue. Ape Escape et LocoRoco pour les kids. Un hommage au cinéma d'horreur nippon avec Forbidden Siren. Une approche indé hyper novatrice sur The Last Guy, Gravity Rush, Tokyo Jungle et Rain. Japan Studio n'a cessé de prouver son immense talent dans des registres variés en quinze ans d'existence. En plein chantier de The Last Guardian, Fumito Ueda, sa figure créative phare, y a fait grandir le jeu vidéo avec Ico et Shadow of the Colossus. Son récent départ du studio est-il un simple hasard? (1) QUI A ENFANTÉ LES SKYLANDERS, SÉRIE MULTIMILLIONNAIRE D'ACTIVISION ET ENNEMI JURÉ DE POKÉMON. MICHI-HIRO TAMAÏ