De loin, l'événement a tout de l'entreprise donquichottesque. Pensez donc: organiser à Bruxelles un événement culturel bi-communautaire, trilingue, qui se piquerait de mélanger des disciplines aussi diverses que la musique, le design, le cinéma, la mode, la littérature... Et cela alors que le secteur culturel semble boire la tasse, privé de nombreux financements publics. Pas évident. Après une version-test en 2012, le Nationa(a)l store a pourtant réussi une première édition l'an dernier. Au point de remettre le couvert du 8 au 17 mai prochains.
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De loin, l'événement a tout de l'entreprise donquichottesque. Pensez donc: organiser à Bruxelles un événement culturel bi-communautaire, trilingue, qui se piquerait de mélanger des disciplines aussi diverses que la musique, le design, le cinéma, la mode, la littérature... Et cela alors que le secteur culturel semble boire la tasse, privé de nombreux financements publics. Pas évident. Après une version-test en 2012, le Nationa(a)l store a pourtant réussi une première édition l'an dernier. Au point de remettre le couvert du 8 au 17 mai prochains. L'idée n'a pas changé: offrir une vitrine aux acteurs culturels émergents ou peu visibles médiatiquement. Leopoldo Profili s'occupe notamment du sponsoring et de la direction artistique. Il explique la genèse de l'événement: "A la base, il y a une étude réalisée en 2012 pour un bureau de consultance sur les conditions de développement des entrepreneurs créatifs en Belgique. Les opportunités, les difficultés..." La conclusion de l'enquête est à double tranchant: d'une part, le secteur est extrêmement actif, et a continué à croître malgré la crise -"la Belgique est le 11e exportateur de produits créatifs au monde". De l'autre, les créateurs rencontrent beaucoup de difficultés pour lancer leur activité et la développer. Comment les aider dès lors à exploiter au mieux leurs talents? C'est précisément l'ambition de Nationa(a)l. "La volonté est de proposer du pointu, du qualitatif, de montrer ce qu'il y a de meilleur, de le faire connaître; mais aussi de proposer des solutions pour générer une activité économique." D'où le terme de "vitrine de talents", ou "pop-up store", qui mélange le côté exposition mais aussi, "on ne s'en cache pas", un aspect vente. L'an dernier, la formule avait plutôt bien fonctionné. Au point de se voir par exemple décerner l'Award du Best New Concept in Town par le Bureau du tourisme bruxellois. L'équipe repart donc pour un tour de piste. Les partenaires ont répondu à nouveau présents. Les autorités aussi: la Région bruxelloise et la Fédération Wallonie-Bruxelles en tous cas. La Région flamande? "Non, pas encore, mais on y travaille". De toutes façons, "on n'a pas envie d'être trop dépendant des institutions. On est encore au début. Il faudra du temps pour installer définitivement la manifestation, et pour l'instant leur soutien est essentiel. Mais il ne doit pas être éternel. Ce serait quand même bien de prouver que le modèle que nous prônons fonctionne." En gros, démontrer qu'il y a moyen de proposer de la qualité ET de s'en sortir économiquement. En multipliant à nouveau les pistes, le Nationa(a)l fait évidemment un pari audacieux. "L'étude de départ était déjà transversale, on a voulu s'y tenir." Il y aura donc des expos, du design, des concerts, des séances de cinéma, de la mode, ou encore un restaurant gastronomique -parfaitement raccord avec la folie fooding. "L'objectif est de réussir à rassembler tous ces publics spécifiques." Le Nationa(a)l a également bien compris l'air du temps en se choisissant des "ambassadeurs". Des sortes de curateurs, "des artistes qui ont une expérience, une influence et qui peuvent attirer la lumière sur des projets moins connus". Par exemple, Vincent Patar et Stéphane Aubier pour le cinéma, Antoine Wauters et le dessinateur Herr Seele pour l'édition... Pour le rayon musique, ce sont les Girls in Hawaii qui s'y collent. Le groupe a choisi cinq projets: le folk de Clare Louise, l'indé de Thibet, l'électro-soul de Roselien, et celle plus décharnée d'Empty Taxi. A ces propositions, viennent s'ajouter celle du Nationa(a)l, et du Focus, également nommé ambassadeur de l'événement. On vous les détaille ci-contre. Tous ces concerts, et le reste, seront centralisés dans un lieu inédit, et éphémère. A chaque fois, le Nationa(a)l tient en effet à investir un endroit qui sort de l'ordinaire. "On n'avait pas forcément envie de se retrouver à Tour & Taxis. Le but est de proposer un lieu insolite, qui n'est pas prévu pour ça à la base." Après les anciens bâtiments de Solvay, l'événement va donc se planter dans les bureaux vides de Vivaqua, du côté de la rue aux laines, près du Palais de justice. "Les fenêtres sont restées ouvertes, et donc l'intérieur est bien ravagé. Mais pas de souci. Même si on fait volontiers dans le trash, le sol sera propre, et les murs assez blancs pour y accrocher les expos d'arts plastiques."NATIONA(A)L, DU 8 AU 17 MAI, AU 68, RUE AUX LAINES, 1000 BRUXELLES. (PRÉ-OUVERTURE LE 7/05, AVEC UN CONCERT EXCLUSIF D'APPLAUSE). INFOS: WWW.NATIONALSTORE.BE RENCONTRE Laurent Hoebrechts