"Deja"

Depuis une quinzaine d'années, Bomba Estéreo s'est imposé comme l'un des principaux "produits d'exportation" de la scène musicale colombienne. Duo formé par le producteur Simón Mejía et la chanteuse Liliana Saumet, il s'est donné pour mission de concevoir une musique électronique made in Bogota qui combinerait les habitudes locales...

Depuis une quinzaine d'années, Bomba Estéreo s'est imposé comme l'un des principaux "produits d'exportation" de la scène musicale colombienne. Duo formé par le producteur Simón Mejía et la chanteuse Liliana Saumet, il s'est donné pour mission de concevoir une musique électronique made in Bogota qui combinerait les habitudes locales -cumbia, champeta, merengue, salsa, etc.- avec les machines de l'électro. C'est encore le cas avec ce sixième album, sur lequel l'ambition de Bomba Estéreo prend une ampleur inédite. Autant sur la forme que sur le fond d'ailleurs, avec un disque traversé par les préoccupations écologiques. Elles ne sont pas neuves chez Bomba Estéreo: à plusieurs reprises, le binôme s'est penché dessus en chansons et, l'an dernier encore, Simón Mejía a participé au documentaire Sonic Forest, produit par l'ONG Stand For Trees. Juste avant le confinement, le duo s'est donc retrouvé pour enregistrer, chez Liliana Saumet, à Santa Marta, sur la côte carribéenne, entre la plage, la montagne et la jungle -à plusieurs reprises, le bruit des vagues et des oiseaux vient s'insérer entre et dans les morceaux. Au-delà de l'urgence climatique ( Tierra, qui danse sur les cendres d'une forêt en train de disparaître en direct), Deja cherche surtout à repenser les liens entre l'homme et la nature, mais aussi les relations humaines elles-mêmes -de l'euphorisant Tamborero au morceau-titre écrit avec Lido Pimienta, compatriote exilée au Canada. En toute fin, le micro est tendu à Mamo Manuel Nieves, chaman de la communauté Kogi, menacée par la déforestation. Derrière lui, Bomba Estéreo fait souffler le vent. Celui du changement?