Double "Live 1962-1966"

Jusqu'ici, ces 29 morceaux enregistrés en public entre 1962 et 1966 n'étaient en principe disponibles qu'en sortie japonaise. C'était avant qu'ils ne tombent dans l'escarcelle des archives Columbia, qui les redistribuent aujourd'hui sur le marché sans fin de la dylanophilie. Pas mal de titres recoupent...

Jusqu'ici, ces 29 morceaux enregistrés en public entre 1962 et 1966 n'étaient en principe disponibles qu'en sortie japonaise. C'était avant qu'ils ne tombent dans l'escarcelle des archives Columbia, qui les redistribuent aujourd'hui sur le marché sans fin de la dylanophilie. Pas mal de titres recoupent des parutions préalables (notamment Live at Carnegie Hall 1963 et The Real Royal Albert Hall 1966 Concert), mais ils ont le mérite de faire la jonction entre le Dylan folkeux solitaire et "l'infameux" passage à l'électricité, bien qu'il n'y ait ici que quatre titres de ce dernier genre. La plus grande partie du double concerne donc l'option unplugged: comment un chanteur à la voix de cigogne dépressive, muni d'une guitare acoustique famélique, réalise-t-il un tel parcours? Comment en 4, 5 années seulement, écrit-il des chansons aussi magistrales que Masters of War, One Too Many Mornings, It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding) ou Ballad of the Thin Man -pour ne citer que quelques chefs-d'oeuvre de cette parution? Au-delà du soubassement mélodique plus accrocheur qu'il n'y paraît, il y a les mots -et quels mots-, menant la danse -et quelle danse: cubiste et amoureuse, ironique et métaphorique. Ce qui ramène à Dylan matriochka, chacun de ses textes cachant toujours un sens supplémentaire, ou presque. Dans ce contexte, dépouillement et qualité de prise de son live garantissent que le public boive du petit lait. Tout en sachant qu'il s'agit évidemment d'un grand cru.