Édité par Activision et développé par Bizarre Creations, âge 7+, disponible sur PC, PlayStation 3 et Xbox 360.
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Édité par Activision et développé par Bizarre Creations, âge 7+, disponible sur PC, PlayStation 3 et Xbox 360. Passe-temps intergénérationnel compatible cousins, petite s£ur, voire parents, Mario Kart a toujours accéléré sans peine de longues après-midis pluvieuses disputées à coups de carapaces rouges et de peaux de bananes. Mais les gosses d'hier auraient grandi et ne veulent plus rester dans des univers de courses enfantines tapissées de caisses à savon roses. C'est en tout cas ce que souligne la pub télévisée d'Activision pour Blur par la bouche d'un vrai-faux personnage du jeu de kart de Nintendo. Un discours marketing qui ne trompe en tout cas pas sur la marchandise. Car ici, on copie Mario Kart pour amener ses ressorts ludiques dans un univers de voitures réalistes et survitaminées. Une démarche inhabituelle pour Bizarre Creations, plus intéressé par des idées fraîches (dont Metropolis Street Racer sur Dreamcast) que par des décalcomanies douteuses. Activision, son éditeur est, lui, à la fête. Son image d'opportuniste concentré sur 3 vaches à laits ( Guitar Hero, Call Of Duty et World Of Warcraft) se colore quelque peu. Vieux comme les jeux vidéo, le principe des défis automobiles à items assaisonne les courses de Blur en bonus à attraper en chemin, avant les autres. Au total, 8 armes et améliorations temporaires entre mines, boucliers, éclairs et météorite à tête chercheuse tapissent cette production spectaculaire. A priori étriquée et classique, cette configuration confère au gameplay arcade du jeu une dimension stratégique appréciable. Le pilote peut ainsi balancer toutes les armes dans 2 directions (avant et arrière) mais aussi garder jusqu'à 3 items en réserve (sélectionnables) pour distancer la meute en fin de course à coup de boost ou éviter l'explosion de son bolide grâce à une trousse de réparation. Car bien plus que les Mario Kart ou les Wipe Out, Blur rejoint la famille des jeux moteurs à grand spectacle façon Burnout, Motorstorm et plus récemment Split/Second. Assoiffé d'exutoires contre la frustration de la conduite urbaine, le public aime froisser la tôle. Gran Turismo V et ses voitures indestructibles pourraient en pâtir. Blur, lui, surfe sur la vague avec un talent insolent. Et apporte même une dimension off road au genre Mario Kart en déroulant des tracés au revêtement boueux où il est préférable de choisir un 4X4 plutôt qu'une drifteuse japonaise. Si les (belles) voitures explosent et virevoltent facilement, Focus RS, Camaro et autres 350Z se remettent vite en selle tandis que les collisions et les tracés entre Los Angeles, Tokyo, San Francisco ou Barcelone ont été pensés pour une fluidifié maximale. Midnight Club Los Angeles n'est pas loin. Se prendre un mur en frontal ne pénalise pas le joueur outre mesure. Privilégiant nettement moins les derniers coureurs qu'un Mario Kart, Blur impose un gameplay à ce point rythmé qu'il efface son manque flagrant de nouveautés. Au-delà de ses courses classiques, on pointera ainsi l'efficace mode destruction qui vise à éliminer un maximum d'adversaires en ne les touchant qu'une fois, ces portiques à passer en pleine course ou encore ces contre-la-montre émaillés de boost et de bonus temps qui poussent à essayer tous les tracés qu'ils induisent. Un fait d'arme rare pour ce genre de défi habituellement relégué au rang d'accessoire rallongeant artificiellement la durée de vie d'un jeu. l Michi-Hiro Tamaï