Dans son quatrième numéro, qui couvre la période automne-hiver 2021, Blink Blank, l'ambitieuse revue du film d'animation, consacre un vaste et passionnant dossier à la question des migrations et de l'exil, qui travaille en profondeur le cinéma d'animation dans la foulée du succès considérable d'un film comme Jos...

Dans son quatrième numéro, qui couvre la période automne-hiver 2021, Blink Blank, l'ambitieuse revue du film d'animation, consacre un vaste et passionnant dossier à la question des migrations et de l'exil, qui travaille en profondeur le cinéma d'animation dans la foulée du succès considérable d'un film comme Josep et l'importance prise par le documentaire animé. Dans son sillage, le cahier critique du magazine n'est pas en reste, qui balaie large et généreux, du génial délire hormonal orchestré par la série Netflix Big Mouth aux nouvelles oeuvres de Mamoru Hosoda ( Belle) et Ari Folman ( Où est Anne Frank!), en passant notamment par l'adaptation très attendue du manga Le Sommet des dieux par Patrick Imbert. La suite, toujours parfaitement mise en page, envoie du lourd et du sensible, à savoir et pêle-mêle: un entretien sans langue de bois avec l'ancienne actrice et réalisatrice porno Ovidie pour ses capsules télévisées militantes Libres!, un formidable papier signé par l'universitaire liégeois Dick Tomasovic sur tous ces films hybrides qui mêlent animation et prises de vues réelles ( Space Jam, Paddington, Stuart Little...), un zoom inédit sur le singulier métier de costumière de marionnettes... En fin de parcours, une interview de l'intéressé nous apprend même que l'électronicien Mirwais, ex-comparse de Daniel Darc au sein du cultissime combo new wave Taxi Girl, a coréalisé un court métrage d'animation anti-ploutocratique. Longue vie à l'exigence et à l'audace de Blink Blank!