Lancée sur des ressorts narratifs presque aussi caricaturaux qu'un tweet de Donald Trump, la série Billions, qui met aux prises le procureur de New York Chuck Rhoades (Paul Giamatti) et le playboy du hedge fund Axe Capital Bobby Axelrod (Damian Lewis), voulait faire de l'affrontement entre ces perso...

Lancée sur des ressorts narratifs presque aussi caricaturaux qu'un tweet de Donald Trump, la série Billions, qui met aux prises le procureur de New York Chuck Rhoades (Paul Giamatti) et le playboy du hedge fund Axe Capital Bobby Axelrod (Damian Lewis), voulait faire de l'affrontement entre ces personnages égotiques et archétypaux l'ossature d'une fable nerveuse et aigre sur la financiarisation de l'économie. En renonçant à faire dans l'édifiant, les créateurs se sont recentrés en saison deux sur les relations entre ce duo et leur entourage, des dialogues ciselés et -hourrah!-, le vinaigre s'est mué en vitriol. La cible -Wall Street et ses dérives- est bien calée dans le viseur de la saison trois, qui montre sa modernité en plaçant au coeur de son intrigue un personnage à la sexualité non-binaire (non défini par le genre et le sexe), en la personne de Taylor (Asia Kate Dillon), stagiaire d'Axe Capital qui a gravi les échelons jusqu'à être couronnée par un job -et un rôle- à plein temps. En sortant du duel hormoné pour décrire le fonctionnement de l'économie financière et de ses dérives, les relations professionnelles ou politiques perverses et incestueuses de ses protagonistes, en donnant toute leur place à des rôles féminins (Maggie Siff, Malin Åkerman) qui ne s'en laissent pas conter, Billions et devenue enfin digne d'intérêt.